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TEMOIGNAGE. Angélique : "Si chacun pouvait être un peu à l’écoute de l’autre…"

Chargée de mission du service public itinérant depuis trois ans, Angélique apporte son aide aux habitants de 35 communes en Thiérache (Hauts de France). A voir dans Les Filles du bus, jeudi 14 janvier à 23 h 10 sur France 3.

Télé Star : Quelle est la mission du service public itinérant ?

Angélique : Nous épaulons les usagers dans toutes leurs démarches administratives : assurance maladie, retraite, carte grise… Les campagnes meurent à petit feu. Ce service recrée du lien social et dynamise le territoire. Dans une commune, un maire s’est aperçu que la boulangerie marchait mieux car les gens viennent nous voir puis passent acheter leur pain.

Cela doit parfois être difficile d’entendre les problèmes des gens…

Ils viennent avant tout pour une raison administrative, mais quelques-uns ont aussi besoin de parler. Je suis très émotive, empathique. J’ai dû faire un travail sur moi pour devenir un peu plus dure.

Vous vous êtes endurcie au fil du temps ?

Je reste dans l’empathie, mais je fais en sorte que cela ne m’atteigne pas, pour ne pas rapporter tous les malheurs du monde à la maison. Mais qu’est-ce que cela nous coûte d’écouter quelqu’un pendant cinq minutes ? Ce n’est pas dans notre mission mais nous le faisons de nous-mêmes. C’est important d’être humain. Cela ne les soulagera peut-être qu’une heure mais nous aurons fait quelque chose de bien. Le psychologique, le cœur, c’est essentiel dans la vie. Si chacun pouvait être un peu à l’écoute de l’autre, le monde serait meilleur.

Vous semblez connaître certains usagers mieux que d’autres. Exact ?

Nous essayons de nous souvenir de tous. C’est tellement plus agréable pour eux de se dire : «Je ne suis pas qu’un numéro de sécu. Je suis quelqu’un.»

Quelques-uns vous surnomment «les anges»…

Des personnes sont tellement désemparées que c’est un vrai soulagement pour elles quand nous leur expliquons tout et qu’elles savent qu’elles peuvent compter sur nous en cas de souci. Je n’aurais jamais cru que du papier pouvait autant stresser les gens : ne pas être dans les normes, dans les temps. Je ne pensais même pas qu’il existait une phobie administrative.

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