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Paul, champion des « 12 Coups de midi », se dévoile dans son autobiographie

Il a été le chouchou des fidèles des 12 Coups de midi. L’an passé, d’avril à octobre et à l’heure du déjeuner, Paul El Kharrat a régalé le public de
TF1 avec sa culture générale. En 153 participations, il a amassé plus de 691.000 euros de gains, ce qui le place sur le podium des plus grands gagnants de l’émission, derrière
Eric et
Christian Quesada.

Après son élimination du jeu, le jeune homme de 20 ans a été contacté par de « nombreuses » maisons d’éditions lui proposant de raconter son histoire dans un livre. HarperCollins a emporté la mise : Ma 153e victoire paraît ce vendredi.

Cette victoire supplémentaire – il n’en compte « que » 152 dans Les 12 Coups de midi –, c’est le travail de sensibilisation au quotidien des personnes avec
autisme qu’il a pu accomplir à travers sa visibilité télévisuelle et médiatique. Paul a été diagnostiqué Asperger en 2015, à l’âge de 16 ans. Un tournant dans sa vie, qu’il relate dans les pages de son livre, qu’il présente comme « pédagogique » et « didactique ».

« Je ne me considère pas comme un porte-parole », précise-t-il à 20 Minutes. Mais il confie être ravi s’il peut, à travers son récit, « inspirer d’autres personnes porteuses du syndrome, leur donner envie d’aller de l’avant » ou bien encore éclairer « des familles qui sont dans la difficulté pour aider leur enfant à mieux s’intégrer au monde ».

« Des personnes avec autisme disent avoir été diagnostiquées grâce à moi »

Ses centaines de passages sur TF1 ont trouvé un écho auprès du public qui l’a inondé de courriers et de messages sur les réseaux sociaux. « L’immense majorité me félicite, certaines personnes avec autisme m’ont dit avoir été diagnostiquées grâce à moi ou avoir davantage confiance en elles », avance-t-il.

Paul se dit « plutôt verni par rapport à d’autres candidats » concernant les messages négatifs. Il n’empêche, au fil de ses victoires, certaines âmes peu amènes l’accusaient d’être avantagé par la production des 12 Coups de midi, d’autres tombaient dans l’insulte. « C’est tristement normal d’être invectivé et critiqué, déplore le champion de la culture générale. Certains sont juste là pour déverser leur venin sur les réseaux sociaux. Ils croient que tout est permis, bien cachés derrière leurs écrans. Je n’ai pas envie de leur répondre, ils sont indignes de réponses. Ils auraient juste dû la fermer, je ne les rencontrerai jamais, ils peuvent critiquer autant qu’ils veulent, je m’en fous. »

« Si je commence à regarder le mauvais côté, ça va être destructeur »

Le jeune homme, qui a depuis repris sa vie d’étudiant à Grenoble, essaie de s’épargner la négativité. « Si je commence à regarder le mauvais côté – ce que je fais très souvent – ça va être destructeur, me causer de la dépression et je ne veux plus de ça », glisse-t-il à 20 Minutes. Dans son livre, il ne fait pas l’impasse sur cette facette plus sombre, moins clinquante que les plateaux de télé. « Ça fait partie de ma vie », dit-il.

Il raconte les tensions en famille ou les émotions qui, parfois, le submergent. Dans un chapitre, il revient sur cet épisode où, lors d’un tournage des 12 Coups de midi, l’animateur Jean-Luc Reichman s’amuse avec une mouche, qu’il capture dans la main et tue, sous les rires de l’assemblée. « Je trouve ça aussi ridicule que pitoyable ! Je suis fâché, indigné, autant par l’acte que par la réaction de l’assistance. Suis-je le seul à ressentir cette barbarie, cette impression d’être à la corrida ? La joie du public attise ma rage », écrit-il dans Ma 153e victoire. Il poursuit en narrant sa colère, son retour dans les loges et son envie de quitter le jeu à ce moment-là. Des passages comme celui-ci donnent toutes ses aspérités à l’exercice généralement convenu qu’est le livre-témoignage de célébrité du petit écran.

« Je suis quand même seul »

D’un chapitre à l’autre, Paul relate son expérience de la télévision mais aussi les moments significatifs de ses jeunes années, passées entre la Réunion, la Martinique, l’Eure-et-Loire et l’Isère, au gré des mutations de sa mère fonctionnaire. Il ne cache rien de sa solitude. « C’est comme ça que j’ai vécu une bonne partie de mon existence : seul, à lire des bouquins dans un CDI », affirme-t-il à 20 Minutes.

Il reconnaît avoir du mal à aller vers les autres. « Avant l’émission, les autres n’avaient pas envie de venir vers moi peut-être parce que je ne leur semblais pas aimable. Depuis l’émission, les autres ne viennent pas me voir pour ne pas m’embêter. La raison n’est pas la même, mais je suis quand même seul », analyse-t-il.

De sa participation aux 12 Coups de midi, il n’a aucun regret. Il qualifie son aventure d’« incroyable » et « exceptionnelle ». Son nouvel objectif serait d’aller répondre à Questions pour un champion, à Qui veut gagner des millions ? « pour une association » ou de se frotter aux épreuves de Fort Boyard. « C’est physique, mais ça ne me dérange pas, je suis habitué à faire du sport, au dépassement de soi. Comme on dit : “Un esprit sain dans un corps sain”. »

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