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"Light of my Life" : drame d’anticipation sur une pandémie virale à l’écho contemporain

Hasard de la programmation, Light of my Life, qui retrace le périple d’un père avec sa fille, alors qu’un virus a éradiqué presque toutes les femmes sur Terre, sort le 12 août, en pleine pandémie de coronavirus. Casey Affleck, devant et derrière la caméra, signe un film d’anticipation sobre et lancinant, aux échos westerniens et philosophiques.

Western d’anticipation

Agée de onze ans, Rag suit son père protecteur à travers les forêts et en campant discrètement pour éviter toute présence humaine. Pour son père, Rag, qu’il fait passer pour son fils, est la lumière de sa vie, après la mort de son épouse atteinte de la “peste des femmes” dont a été victime quasiment toute la gent féminine. Leurs rares rencontres sont hostiles, dans une humanité revenue à des instincts de survie, prédateurs et violents.Pour une bonne partie filmée en extérieur, Light of my Life retrace la fuite en avant de deux parias confrontés à une menace constante. Le film revêt ainsi des allures de western, alors qu’il se déroule dans un futur proche. Mais ce n’est pas l’action qui domine. Casey Affleck, également à l’écriture, signe une aventure au rythme des pas de ce père et de sa fille qui traversent d’épaisses forêts et squattent des maisons abandonnées. Une lenteur à laquelle répond la musique de Daniel Hart, mais aussi le ton monocorde d’Affleck. Le sentiment d’une torpeur générale baigne le film, traversé de moments de suspense et de violence.

Morale et éthique

Ce père protecteur conte chaque soir une histoire à sa fille. Casey Affleck pousse peut-être le bouchon un peu loin quand, à l’issue de l’une d’elle, la fillette l’interroge sur la différence entre la morale et l’éthique. Une question bien peu crédible dans la bouche d’une enfant de onze ans. C’est toutefois le cœur du sujet de Light of my Life. La morale relèverait du départage entre le bien et le mal, et l’éthique, de l’attitude à prendre face à ce dilemme, lui répond son père. Evoqué au début, le propos fait écho par deux fois dans le film, lors du vol d’une voiture, puis du coup de winchester que tire Rag sur un ennemi. Deux scènes emblématiques qui condensent parfaitement le sujet, sans long discours, mais dans l’action.

Casey Affleck et Anna Pniowsky dans “Light of my Life” de Casey Affleck. (CATE CAMERON / © 2017 BLACK BEAR PRODUCTIONS/E)
Rare film américain à sortir en cette période de réouverture timide des salles de cinéma, Light of my Life vaut le déplacement si l’on est prêt à prendre le temps d’un récit qui prend le sien. Le thème de la pandémie apocalyptique est un classique (Alerte, Contagion, Je suis une légende, La Planète des singes…) et Casey Affleck le prend comme prétexte à une exploration de la nature humaine. La crise du coronavirus n’a-t-elle pas, par exemple, révélé des comportements humains pour le moins abjects, au regard de la morale et de l’éthique, dans des persécutions visant des personnels soignants ? Edifiant.
L’affiche de “Light of my Life” de Casey Affleck. (Condor Distribution)

La fiche

Genre : Drame / Science-fiction
Réalisateur : Casey Affleck
Acteurs :  Casey Affleck, Anna Pniowsky, Elisabeth Moss, Tom Bower, Timothy Webber

Pays : Etats-Unis
Durée : 1h59
Sortie : 12 août 2020
Distributeur :  Condor Distribution

Synopsis : Dans un futur proche où la population féminine a été éradiquée, un père tâche de protéger Rag, sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais il le sait, son plus grand défi est ailleurs: alors que tout s’effondre, comment maintenir l’illusion d’un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ?

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