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Les 7 de Chicago sur Netflix : Un film de procès nécessaire au casting cinq étoiles, notre critique

Le discours de ce film résonne particulièrement avec l’actualité, et Sacha Baron Cohen est génial. Deux bonnes raisons de mater Les 7 de Chicago !

Yahya Abdul-Mateen II (Aquaman), Sacha Baron Cohen (Borat), Joseph Gordon-Levitt (Inception), Michael Keaton (Spider-Man : Homecoming), Eddie Redmayne (Les Animaux Fantastiques)… Bien qu’on déplore l’absence d’actrices à l’affiche des 7 de Chicago, la qualité du casting de ce nouveau film de prétoire original diffusé par Netflix est au rendez-vous. Il raconte le procès des organisateurs de la manifestation ayant eu lieu en marge de la convention démocrate de 1968, à Chicago. Inspirée d’un fait réel, cette histoire de deux heures menée tambour battant se déroule à toute vitesse. Il faut dire que derrière la caméra, on retrouve Aaron Sorkin, le réalisateur du Grand jeu et scénariste de The Social Network, qui signe là une seconde oeuvre d’une grande maîtrise esthétique et narrative.

L’histoire commence en plongeant le spectateur directement au coeur de l’action. Nous sommes en 1968, la guerre du Vietnam fait rage, et les leaders des Youth International Party (yippies), des Students for a Democratic Society et du Parti socialiste d’Amérique préparent chacun de leur côté une manifestation pacifique à Chicago. Mais le défilé prend des allures de massacre du fait d’une forte répression policière, et les meneurs sont poursuivis pour conspiration et incitation à la révolte, sous la pression du nouveau ministre de la Justice. Un huitième homme est inculpé, Bobby Seal, le cofondateur du mouvement Black Panther, accusé à tort d’être associé à l’affaire, et qui voit ses droits être bafoués à plusieurs reprises au cours du procès.

Le récit mêle de manière habile des flashbacks de la manifestation avec le procès des 7, qui n’en finit plus, supervisé par Julius Hoffman (Frank Langella), un juge aussi raciste que partial et intolérant. On ne peut s’empêcher de rire aux bouffonneries touchantes de Sacha Baron Cohen, auquel le rôle du yippie Abbie Hoffman va comme un gant, et de s’indigner devant l’injustice (quelle ironie !) du juge chargé de l’affaire. L’alchimie entre les acteurs est évidente, et bien que certains personnages se démarquent plus que les autres, chacun d’entre eux a son quart d’heure de gloire. Alors que la tension monte graduellement à l’écran, et que les pièces du puzzle se mettent en place, les images d’archives de 68 font écho à l’actualité.

Les tensions entre les activistes et la police font tous les jours la une des journaux, où que ce soit dans le monde. Le mouvement politique Black Lives Matter est la preuve (s’il en fallait une) que le racisme envers les Noirs est plus que jamais un sujet pertinent, et voir Bobby Seale en être victime devant une foule amorphe et désinvolte est révoltant. Sans compter qu’au lendemain de la mort de Ruth Bader Ginsburg, la juge de la Cour Suprême, voir Donald Trump s’approprier l’appareil judiciaire des États-Unis est une crainte qui n’est pas sans fondement ! La place de la liberté d’expression dans notre société est remise en question quotidiennement, et Les 7 de Chicago en est l’illustration qui nous file des frissons. Vous l’aurez compris, réservez un créneau dans votre weekend pour le regarder, il en vaut le coup !

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