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INTERVIEW François (Koh-Lanta, Les 4 Terres) : « C'est la pire façon de partir »

Sans participer à l’épreuve d’immunité, François s’est malencontreusement blessé et a dû se retirer de l’aventure. Un départ qui laisse “un goût amer” dans la bouche de ce père de deux enfants. “J’aurais préféré une élimination au conseil”.

Voici.fr : Racontez-nous ce moment où tout bascule pour vous, avec cette blessure.

François : Ça commence à basculer quand je tire la boule noire. Je deviens spectateur de l’épreuve. Et sur le moment, il me semble que mon équipe gagne l’épreuve, donc je saute de joie. Au moment de me réceptionner, je sens comme un gros coup de poignard dans le mollet gauche et là, directement, je me dis “Wouah, il se passe quelque chose de grave, la suite va être compromise”. Je vais vers mon équipe, je ne peux pas poser le pied par terre, quand je le pose, la douleur est trop intense. J’ai pas envie d’y croire, mais je pense que c’est fini.

Ce qu’il reste, c’est le goût amer d’un départ sur une blessure ou la fierté d’avoir participé à l’aventure ?

C’est le goût amer. C’est la pire façon de partir. Je n’ai rien fait de mal. J’aurais préféré partir sur une élimination au conseil. Là, ça aurait voulu dire que je n’étais pas l’homme de la situation, pas le bon fédérateur, pas le gars efficace sur le camp, mais là, c’est une véritable tuile.

Vous mettez ça sur le compte de la malchance ou d’une mauvaise préparation ?

Je ne suis pas sportif. Je n’ai pas fait une grosse préparation. En un mois, on ne devient pas un sportif de haut niveau. Je me suis concentré sur le cardio, avant de partir aux Fidji, il fallait un minimum de condition physique. Mais je n’y allais pas pour prouver mes compétences sportives, j’y allais pour d’autres motivations. Puis la météo n’était vraiment pas bonne, il faisait froid, il pleuvait. Mais, bien sûr, il y a une part de malchance aussi… C’est comme ça, ça devait arriver.

La météo était particulièrement capricieuse, dans ce Koh-Lanta

La deuxième nuit a été ignoble ! Affreuse ! Notre cabane n’était pas finalisée, on ne pouvait pas dormir dessous. On marchait les six les uns contre les autres, on se réchauffait entre nous, c’était affreux. C’est une nuit qui nous a permis, encore plus, de vraiment construire cette famille au sein de notre équipe.

Justement, quand on voit comment s’est passé la suite, l’état de votre camp, est-ce qu’on ne regrette pas d’avoir choisi le kit de mer plutôt que celui de terre ?

Je ne suis pas quelqu’un qui avance avec des regrets. J’adore la plongée, même si ça ne s’est pas trop vu, et j’y croyais tellement, avec ce filet de pêche et ce harpon. Je pense que même si c’était à refaire, je prendrais à nouveau le kit de mer.

Malgré les difficultés, votre tribu a toujours répondu présente aux épreuves. Sans votre blessure, vous pensez que vous pouviez aller loin avec une majorité des vôtres ?

Je pense qu’on serait allés super loin ! Peut-être que je me trompe. On avait une vraie famille, on se serait battus pour que personne ne soit éliminé. Brice m’a dit la même chose quand je l’ai revu, qu’il m’aurait emmené loin avec lui. Mais c’est la fatalité, on ne peut pas vivre avec des regrets.

Votre fils est-il fier de vous ?

Il ne pense pas comme nous, il a eu cet accident, le cerveau est touché, mais il est fier. Quand je l’ai vu regarder le premier épisode, il a exprimé ses sentiments, sans filtre. Je vois sa satisfaction. Il est heureux. Quand il m’appelle le soir, il ne parle que de ça. Le voir heureux, c’est une satisfaction. Mais j’ai pas pu prouver que je pouvais me battre comme lui a pu se battre pour être encore là aujourd’hui.

Je suis obligé de vous parler de votre maillot de bain…

Une négligence ! C’est un peu le reflet de notre vie sur le camp. On ne prenait pas conscience des choses. On était dans un monde un peu paradisiaque, on ne pensait pas à tout ça. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, mais on était, pas en colonie de vacances, mais presque, c’était une sortie en familles, on profitait !

On vous voit régulièrement recadrer Estelle, lui reprocher de trop en faire. C’est votre nature ou vous estimiez qu’il fallait s’économiser ?

Il fallait s’économiser. Estelle, dès le départ, elle s’est fait remarquer, elle nous saoulait dès les premières minutes de notre rencontre. Je pense qu’elle voulait se prouver à elle-même, et à nous, qu’elle était efficace sur le camp. Elle avait peur, dès le début, d’être dans les premiers à partir. Je pense que c’était sa volonté de se mettre en avant. On sort d’une épreuve de confort, on est en sueur, avant de continuer, prenons du plaisir !

On voit la distance que vous prenez avec Estelle, et a contrario, comment vous réussissez à vous entendre avec les plus jeunes que vous.

Je ne pensais pas du tout, au départ. Je travaille beaucoup avec des gens, j’ai l’habitude, et c’est vrai qu’ils m’ont de suite accueilli. Brice, dès le départ, il m’a dit : “t’es mon papa, jamais je ne voterai pour toi”, alors que ça faisait un ou deux jours qu’on se connaissait… Moi je lui disais : “tu ne peux pas dire ça, Brice. Tu ne me connais pas, tu ne sais pas ce que je vaux”. Mais il insistait. Dès les premiers instants, on a créé un truc énorme.

Des amitiés sont nées de cette aventure ?

Beaucoup avec Diane, car on habite pas loin l’un de l’autre, on vient du même département. J’étais proche d’Aubin aussi, car j’ai voyagé avec lui. Puis je vais pas reparler de Brice, mais il ressemble tellement à mon premier fils. Je suis très famille, et Brice, c’est mon troisième fils aujourd’hui.

Si on doit choisir un seul aventurier, qui vous a impressionné ?

On parle de Dorian et Brice, et je mets Dorian en avant. Il nous fait un truc de fou ce soir. Dorian c’est une machine. Avant l’épreuve, il nous dit “moi, en apnée, je ne suis pas très bon”. A la fin, je suis allé voir et je lui ai dit : “Mais qu’est ce que tu nous as raconté, tu es surhumain !”. Imaginez s’il n’avait pas été bon !

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