TV

Dossier Tabou : pourquoi l’attaque de Magnanville a changé la manière de filmer la police

Dimanche 8 novembre 2020, M6 diffusait un nouveau numéro de l’émission Dossier Tabou. Dans un entretien accordé à La lettre de l’audiovisuel pour l’occasion, Bernard de la Villardière s’est confié sur le tournage mettant en avant les forces de l’ordre.

Un numéro choc. Il y a quelques jours, l’émission Dossier Tabou s’intéressait aux violences contre la police ainsi qu’aux origines de cette haine à laquelle ils font face depuis de nombreuses années. Si l’équipe de M6 a réussi à convaincre les institutions de leur ouvrir leurs portes, elle a rencontré quelques difficultés sur le tournage. Interrogé par La lettre de l’audiovisuel, Bernard de la Villardière a expliqué : "Ce sont les équipes qui ont tourné au quotidien. Les difficultés rencontrées proviennent surtout de la langue de bois, de la volonté, des différents patrons de service (police, pompiers etc) de faire en sorte que leurs hommes soient floutés. Il fallait que les visages soient cachés et les identités préservées, parce qu’on craint évidemment des représailles au sein de ces milieux. Notamment de la part des délinquants dans les cités, ou bien de la part de réseaux islamistes."

À travers cet entretien, le journaliste a révélé que l’attentat qui avait touché deux policiers à Magnanville le 13 juin 2016 a traumatisé la profession : "En fait, il y a eu un tournant depuis le drame de Magnanville en 2016, avec ce couple de policiers qui a été tué dans les Yvelines. Cela a fait l’effet d’un électrochoc dans les forces de l’ordre, policiers ou gendarmes." Depuis, ces derniers ne souhaitent plus montrer leurs visages à la télévision afin de se protéger. "Aujourd’hui, ils acceptent de moins en moins, pour préserver leur sécurité, mais aussi celles de leurs familles parce qu’ils habitent souvent dans des quartiers qui ne sont pas toujours très fréquentés, et dans lesquels ils opèrent en tant que policiers", a ajouté Bernard de la Villardière.

"Je ne veux pas avoir cette étiquette de spécialiste de l’islamisme"

Si le journaliste de 62 ans avait déjà évoqué le terrorisme dans ces émissions, il ne souhaite pas se consacrer à ça. Il a en effet expliqué : "Je ne suis pas spécialiste de ces questions. En tout cas, je ne veux pas avoir cette étiquette de spécialiste de l’islamisme parce que je présente une émission hebdomadaire et que je vais bientôt partir au Mexique. On va s’intéresser au cartel de Sinaloa."

Source: Lire L’Article Complet