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VIDEOS. Séparation de Daft Punk : retour sur sept clips remarquables

Les clips de Daft Punk, réalisés depuis toujours avec soin et confiés à des vidéastes et cinéastes encore méconnus alors, quand ils ne les réalisaient pas eux-mêmes, ont contribué à leur notoriété. Tous sont de petits bijoux fourmillants d’idées nouvelles, au fil desquels se manifeste un esprit vif et visionnaire, surtout à leurs débuts. Avec le temps, leurs clips colleront davantage à leur univers cyborg. Alors que le duo ambassadeur de la “French Touch” vient d’annoncer sa séparation, retour sur sept vidéos clips remarquables.

1“Revolution 909” (réalisation Roman Coppola, 1997)

C’est sans doute le clip préféré de beaucoup d’afficionados des débuts de Daft Punk. Il s’agit d’un formidable exercice de télescopage d’espace-temps où l’on va de surprise en surprise, et qui est aussi un hymne aux raves et à la jeunesse. On y voit d’abord une mamie préparer une sauce tomates de spaghettis comme dans une émission culinaire. Les pâtes finissent emballées dans une boite en plastique destinée à son fils, policier de son état. Cet homme, après avoir dégusté sa gamelle et taché son T-shirt, intervient quelques minutes plus tard avec sa compagnie dans une rave improvisée. Dans la cohue, la fameuse tache de tomate sauvera la mise d’une jeune fille.

2“Da Funk” (réalisation Spike Jonze, 1995)

Le réalisateur du futur Dans la peau de John Malkovitch est aux manettes de ce clip sensible, métaphore de l’incommunicabilité du monde contemporain. Alors que le morceau de musique tabasse et donne envie de danser, on y suit en contraste l’errance dans la mégapole d’un homme à tête de chien, la jambe dans le plâtre. Cet énergumène plutôt repoussant est accroché comme à une bouée à un vieux transistor dont le volume sonore est bloqué sur maximum et qui beugle Da Funk. Il s’en dégage un gros sentiment de malaise. Ce clip, on l’a vu et revu des dizaines de fois et il nous fait toujours le même effet.

3“Around The World” (réalisation Michel Gondry, 1997)

Michel Gondry, futur réalisateur des longs-métrages Eternal Sunshine of the Spotless Mind et Soyez Sympas Rembobinez, mais aussi du clip Human Nature de Bjork, a beaucoup réfléchi pour ce clip super ambitieux. Il a imaginé, avec l’aide de Blanca Li, une chorégraphie où chaque catégorie d’instruments est figurée par un groupe de danseurs. Concrètement, un podium-escalier censé représenter la ligne de basse, est posé sur un vinyle géant où évoluent toute une série de personnages étranges, figurant qui la basse (des colosses), qui les guitares (des squelettes), les vocoders (des robots) ou les boîtes à rythmes (les momies). Complètement fou.

4“One More Time” (réalisation Kazuhisa Takenoushi et Leiji Matsumoto, 2000)

Pour le premier single de leur second album Discovery, un des plus gros hits de Daft Punk avec Romanthony au chant, le duo utilise les images du film d’animation Interstella 5555. Ce dessin animé de science fiction, sorti plus tard, en 2003, avait été commandé par Thomas et Guy-Man à Leiji Matsumoto, le dessinateur du manga Albator qui a bercé leur enfance. Le film, à l’esthétique rétro 70, raconte l’histoire d’un groupe de musiciens extra-terrestres kidnappés qui deviennent des stars sur Terre avant de vouloir retrouver leurs souvenirs, dont leur imprésario les a privés, et leur planète. Il accompagnait l’album Discovery. Ce clip utilise la scène où le groupe donne un concert sur sa planète natale.

5“Burnin'” (réalisation Seb Janiak, 1997)

Ce clip d’un titre instrumental du premier album Homework, se veut un hommage aux producteurs de house de Chicago qui ont inspiré Daft Punk. Roger Sanchez, Dj Sneak, Derrick Carter, Paul Johnson et Roy Davis Jr sont notamment présents à l’image, dans la scène de fête qui se déroule dans un immeuble de bureaux de Chicago. Sauf que le building prend feu et que la fête est interrompue par les pompiers. Au spectateur de faire le lien avec le gamin des premières et dernières images qui joue avec un camion de pompiers jouet pendant que son père fait griller de la viande au barbecue. Encore une part d’enfance des Daft…

6“Technologic” (réalisation Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo, 2005)

Pour ce single extrait de leur album Human After All, les Daft Punk réalisent eux-mêmes le clip. C’est la troisième fois après Fresh et Robot Rock. Un robot disgracieux y scande les paroles à un rythme mécanique “Write it, cut it, paste it, save it, load it, check it“, condensé de la civilisation technologique que la publicité reprendra ensuite à tour de bras. Mais on y voit surtout le duo jouer des guitares en haut d’une pyramide, cette même pyramide que l’on retrouvera dans la scénographie spectaculaire de leurs concerts à partir de l’année suivante.

7“Get Lucky” (2013)

Ce clip n’est pas le plus audacieux de Daft Punk mais sans doute celui qui aura connu le plus long suspense, un faux clip bricolé par des amateurs ayant même été donné comme l’authentique peu avant sa sortie, tant était élevé le niveau d’hystérie autour de Random Access Memories, dernier album du duo sorti en 2013. Entouré de Pharell Williams et de Nile Rodgers de Chic, qui joue sur une guitare transparente, le duo casqué brille de mille feux dans d’élégants costumes à paillettes signés Hedi Slimane, alors à la tête de la maison Saint Laurent. Une ode à la fête nocturne qui remportera à elle seule deux Grammy, dont celui de l’Enregistrement de l’année, et sera même reprise par les Choeurs de l’Armée Rouge lors de la Cérémonie d’ouverture des J.O. de Sotchi en 2014. Bien que cette dernière soit hilarante, on lui préfère la version des Grammys avec Stevie Wonder et ses extraits de Another Star du même Stevie Wonder et de Freak Out de Chic. Chacun ses goûts.

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