Sarah Vaughan, Claudio Arrau, Emil Gilels : les trésors sauvés de l’oubli du label The Lost Recordings

Ce 12 mars 1959 la prestigieuse Hochschule für Muzik de Berlin accueille Claudio Arrau. Le pianiste chilien, au sommet de son art, a choisi d’interpréter trois sonates de Ludvig van Beethoven. Un concert enregistré, inoubliable pour les mélomanes présents et pourtant endormi depuis dans les archives de la radio berlinoise.

Il a fallu toute la passion et la patience des passionnés du Label The Lost Recordings pour que soixante ans après, les mélomanes d’aujourd’hui puissent entendre en première mondiale ce concert dont dix titres sont inédits.

En quête d’excellence

The Lost Recordings, c’est l’histoire d’une rencontre de quatre passionnés de musique et de son : Frédéric D’Oria-Nicolas, fondateur du label Fondamenta, Quentin Sannié, fondateur de Devialet, Michel Navarra, fils du violoncelliste André Navarra et Antoine Petroff, ingénieur spécialiste du traitement du signal audio.

Un jour Michel Navarra confie à Frédéric D’Oria-Nicolas un enregistrement inédit de son père pour des tests. Quand il revient l’écouter deux semaines plus tard, il est submergé par l’émotion. Entre-temps la bande analogique a été nettoyée de bruits parasites par un procédé unique au monde Phoenix Mastering.

Pour cela le label a confié la réalisation des laques des vinyles a une société californienne. Des laques dont les matrices seront fabriquées au Kansas et pressées en Allemagne. Le choix a été fait de ne produire que 2 000 vinyles numérotés à la main vendus 58 euros.

Légendes du jazz et du classique

Le catalogue de The Lost Recordings ne va cesser de s’enrichir avec le concert donné par Ella Fitzgerald dans ce même Concertgebouw en 1961. C’est aussi l’occasion d’entendre, pour l’une des dernières fois en concert, l’inoubliable Take Five du Dave Brubeck Quartet capté en 1967 à l’hôtel Kurhaus de Scheveningen au nord des Pays-Bas. Ou encore Dizzy Gillespie et Mike Longo au Singer Concert Hall, Thelonious Monk, Bill Evans Trio, Oscar Peterson Trio, Art Blakey… Et bien sûr un coffret de 6 CD du violoncelliste André Navarra contenant l’inédit qui avait arraché les larmes à son fils Michel : point de départ d’une belle aventure française. Pour les fêtes, un magnifique voyage dans le temps les yeux fermés.

Source: Lire L’Article Complet