Musique

[Musique] Que vaut le dernier album de Moby?

All Visible Objects , le nouvel opus de Moby sorti le 15 mai dernier, retrouve (un peu) les rythmes qui ont fait les succès de l’artiste il y a vingt ans.

Sur Google, dans les suggestions de recherche, on peut trouver “What is Moby famous for?” (“pourquoi Moby est-il célèbre?”). Figure de la dance music des années 90, il a vendu 20 millions d’albums. Richard Melville Hall – de son “vrai” nom – a revisité le thème principal de James Bond en 1997 (pour Demain ne meurt jamais) puis a connu la consécration mondiale à partir de 1999 et son album Play. Il y “samplait”, sur le hit planétaire Natural Blues, la voix d’une chanteuse des années 1930.

Trente ans plus tard, Moby est un artiste engagé. L’arrière-arrière-arrière petit-neveu d’Herman Melville (célèbre auteur de Moby Dick, dont il s’est inspiré pour établir son pseudonyme) est devenu écolo et vegan. Il a d’ailleurs ouvert un restaurant végétalien à Los Angeles, Little Pine, dans le quartier de Silver-Lake. Il est démocrate et tire à boulets rouges sur Donald Trump à longueur d’interviews. Son nouvel album, All Visible Objects – composé de onze morceaux – se veut un manifeste politique. Sur la pochette, un ciel d’orage, au-dessus de Los Angeles. L’artiste a déclaré vouloir donner l’intégralité des bénéfices à onze associations caritatives, en faveur des droits des animaux, et des droits de l’homme. Soit.

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Un album-manifeste

Le titre Power is Taken est un discours exalté contre les oppressions scandé par la voix de D.H. Peligro, musicien américain batteur du groupe Dead Kennedys : “Nous qui détestons l’oppression, Devons-nous battre contre les oppresseurs, On ne partage pas le pouvoir, On s’empare du pouvoir.” Sur Refuge, c’est le musicien de reggae britannique Linton Kwesi Johnson qui récite une unique phrase: “To us who were of necessary birth, for the earth’s hard and thankless toil, silence has no meaning” (“Pour nous qui étions de naissance nécessaire, pour le dur labeur de la terre, le silence n’a pas de sens”). Pour le reste, il y a une reprise du titre de Roxy Music, My Only Love, ainsi que des morceaux plus contemplatifs, avec leurs mélodies lancinantes au piano ou aux cordes. Et surtout, il y a ici et là du bon gros rythme électro qui défoule et est taillé pour le dancefloor. En ce sens, le titre qui ouvre l’album, Morningside, fait un bien fou.

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