Musique

Après avoir dansé "Roméo et Juliette", la Sud-Coréenne Sae Eun Park nommée nouvelle étoile de l'Opéra de Paris

La danseuse Sae Eun Park, 31 ans, a été nommée danseuse Étoile du Ballet de l’Opéra national de Paris le 10 juin, devenant la première Sud-Coréenne à obtenir ce titre dans la prestigieuse compagnie. 

“Sur proposition d’Aurélie Dupont, directrice de la danse, j’ai l’immense plaisir de nommer Mlle Sae Eun Park danseuse étoile”, a annoncé le directeur général de l’Opéra Alexander Neef sur scène, à l’issue d’une représentation du ballet Roméo et Juliette (Rudolf Noureev). Sae Eun Park se produira à nouveau dans ce rôle, avec Paul Marque comme partenaire, les 16, 19 et 23 juin à 19h. 

“Nous avons tous eu le plaisir ce soir de voir une magnifique danseuse qui nous a montré l’étendue de son talent”, a-t-il déclaré juste avant l’annonce, qui a été saluée par une ovation du public à l’Opéra Bastille. Mlle Park dansait le rôle de Juliette aux côtés de Paul Marque, nommé danseur étoile en décembre.

Grand Prix de Lausanne à 17 ans 

Promue “première danseuse” en 2017 – le rang précédant le titre d’étoile – la Coréenne est saluée pour sa technique élégante et sa danse fluide.

Née à Séoul en décembre 1989, elle est engagée comme surnuméraire il y a 10 ans dans le corps de ballet de l’Opéra alors qu’elle était déjà soliste dans son pays. “Avec le Korean National Ballet, j’étais soliste et je dansais les principaux rôles”, confiait en 2019 à l’AFP la danseuse à la voix timide. “Entrée à l’Opéra, j’étais en CDD et j’étais tout le temps dans les coulisses mais j’ai beaucoup appris”. Grand Prix de Lausanne à 17 ans et médaille d’or à Varna – deux prix importants dans le monde du ballet -, cette fille d’une pianiste et d’un employé chez Samsung découvre le style français lors d’un cours donné par un ex-danseur coréen de l’Opéra. “Ça a été une révélation”, a-t-elle raconté.

Si différents styles sont associés à des pays occidentaux ou à la Russie, il n’y a pas d’école asiatique proprement dite. Sae Eun Park a été formée par des danseuses russes selon le style Vaganova dans son Séoul natal. “Vaganova, c’est plus le haut du corps. Avec le style français, qui repose plus sur le travail des pieds, la technique m’est venue plus naturellement”. Mais elle se souvient du conseil d’une ancienne professeure russe : “Elle m’a dit. N’oublie pas que malgré les différences de style, l’important est ce qu’on exprime de l’intérieur”.

Elle fait désormais partie de la poignée de danseurs étrangers qui ont accédé au titre d’étoile, comme l’actuelle étoile Ludmila Pagliero, première étoile latino-américaine de l’Opéra en 2012.

 

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