Un vaccin "personnalisé" contre le cancer du pancréas à l'étude

Le cancer du pancréas est le quatrième cancer le plus meurtrier en France chez les femmes (cinquième cancer le plus meurtrier chez les hommes) derrière le cancer du sein, du côlon-rectum et des poumons. Et ses chances de survie sont très minces : elles sont de 11%, contre 87% pour le cancer du sein, détaille La Ligue contre le Cancer sur son site.

Alors pour parvenir à soigner ces patient.es, dont la plupart sont victimes de rechutes, des chercheurs du Memorial Sloan Kettering Cancer Center à New York se sont penchés sur la création d’un vaccin “personnalisé”, capable d’apprendre au système immunitaire à détruire lui-même les tumeurs. Et ils ont fait des découvertes plus qu’encourageantes. 

Un « petit essai » mais des résultats prometteurs

Tout débute en novembre 2019, lorsqu’une équipe de chercheurs du Memorial Sloan Kettering Cancer Center, le PDG du laboratoire BioNTech et des scientifiques de l’entreprise Genentech se lancent dans la mise au point d’un vaccin capable d’ordonner à l’organisme d’éviter une rechute après un cancer du pancréas. Après bientôt cinq ans de recherches, leurs résultats viennent d’être publiés, le 10 mai 2023, dans la revue scientifique Nature

Les chercheurs ont étudié pendant plusieurs années 16 patient.es auxquel.les ils ont extrait leurs tumeurs, avant d’expédier des échantillons en Allemagne, où des scientifiques du laboratoire BioNTech ont analysé “la constitution génétique de certaines protéines à la surface des cellules cancéreuses”, explique le New York Times. Et après des mois de tests et de chimiothérapie, la moitié des participant.es ont finalement évité une rechute de leur cancer. 

L’ARN messager et les lymphocytes T au coeur du vaccin

Et c’est à l’image des vaccins élaborés pour lutter face à la pandémie de Covid-19, que ces vaccins « personnalisés » contre le cancer du pancréas ont été conçus : ils reposent sur l’ARN messager, c’est-à-dire le fait de « laisser nos cellules fabriquer elles-mêmes le composant contre lequel notre organisme va apprendre à se défendre », explique l’INSERM.

Mais à la différence des vaccins habituels, les participant.es ont, eux, « reçu huit doses de vaccin, non dans les muscles, mais perfusées ». 

Car les chercheurs américains tentaient cette fois-ci de créer et d’activer les lymphocytes T, des globules blancs présents dans l’organisme qui jouent un rôle plus qu’essentiel dans notre système immunitaire et donc dans la reconnaissance et la destruction d’agents pathogènes extérieurs. Mais pourquoi des vaccins en intra-veineuse ? Car “le sang circule dans le système lymphatique, où les ganglions lymphatiques et les organes lymphatiques comme la rate aident à fabriquer les lymphocytes T”, détaille CNN.

La rate : clé d’un vaccin efficace ? 

Et ce n’est pas la seule découverte des chercheurs : d’après l’équipe, la rate serait une possible porte d’entrée du vaccin contre le cancer du pancréas.

En effet, sur les huit non-répondeurs au vaccin, six n’avaient plus de rate, enlevée lors d’une splénectomie, chirurgie nécessaire lors du cancer du pancréas. “En l’absence de rate, il y a moins de chances de réponse”, a déclaré Ira Mellman, vice-président de la recherche en oncologie chez Genentech, à Genetic Engineering & Biotechnology News.  Après 18 mois de suivi, « la moitié des patient.es ont évité une rechute », appuient les chercheurs.

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