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"Un mépris pour les femmes" : deux tribunes appellent à la démission de Gérald Darmanin

Des élues de gauches ainsi que des jeunes femmes et adolescentes ont dénoncé la nomination de Gérald Darmanin, sous le coup d’une plainte pour viol, au poste de ministre de l’Intérieur. Elles ont demandé sa démission dans des tribunes parues dans Libération et Mediapart, le jeudi 23 juillet.

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Son maintien au poste de ministre de l’Intérieur signifierait «un mépris» d’Emmanuel Macron «vis-à-vis de toutes les femmes», écrivent-elles. Des élues de gauche ont réclamé dans une tribune, parue dans les colonnes de Libération le jeudi 23 juillet, la démission de Gérald Darmanin, sous le coup d’une plainte pour viol. Depuis 2017, l’ex-ministre de l’Action et des Comptes publics a fait l’objet de trois plaintes de Sophie Patterson-Spatz, une ancienne militante de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), pour des faits qui auraient été commis en 2009.

Deux d’entre elles ont été classées sans suite, et la troisième a fait l’objet d’un non-lieu, contesté par la plaignante : la cour d’appel de Paris avait décidé, le 15 juin, la reprise des investigations. «Gérald Darmanin ne peut rester ministre de l’Intérieur, ont estimé les auteures de la tribune de Libération. Son maintien signifierait un égal mépris de la part du président de la République vis-à-vis de toutes les femmes et de leur combat pour le respect et l’égalité.»

“Les femmes ne se tairont plus”

Claire Monod et Sophie Taillé-Polian, à la tête des pôles national et régional Île-de-France du mouvement Génération-s, ont par ailleurs fustigé cet «entre-soi “d’homme à homme” dans le choix stratégique du ministère de l’Intérieur». «Gérald Darmanin est présumé innocent, ont-elles affirmé dans le texte. Mais comment justifier la promotion à l’Intérieur d’un ministre mis en cause dans une enquête préliminaire pour viol, harcèlement et abus de faiblesse et dont les avocats ne contestent pas les faits mais leur qualification pénale ? D’un ministère qui doit être celui de la protection des citoyennes face aux violences sexistes et sexuelles toujours aussi nombreuses ? Comment assurer l’équité des parties dans ces conditions ?» Une tribune signée, notamment, par Manon Aubry, Clémentine Autain et Elsa Faucillon. «La police républicaine mérite mieux que cette nomination et les femmes en politique comme ailleurs ne se tairont plus», ont-elles ajouté.

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“Nous avons honte de ce gouvernement”

Dans une autre tribune, publiée le même jour sur le site de Mediapart, 20.000 jeunes femmes, adolescentes et personnes LGBTQ+, âgées de 13 à 25 ans, ont formulé les mêmes revendications. «Nous nous dressons contre le climat d’impunité qui règne depuis la nomination de Gérald Darmanin à la tête du ministère de l’Intérieur», ont-elles débuté. Avant de poursuivre : «Nous avons honte de ce pays qui n’entend pas la parole de millions de citoyennes et citoyens qui le composent. Un pays où 93.000 femmes sont victimes de viols ou de tentative de viol par an et où 57% des viols sont commis sur des personnes mineures. Nous avons honte de ce gouvernement qui se revendique à l’écoute de sa jeunesse mais qui balaie d’un revers de main nos colères légitimes.»

Les auteures de la tribune ont déploré que les accusations d’agressions sexuelles «n’empêchent ni de recevoir un César ni de devenir ministre». «Nous, jeunes entre 13 et 25 ans, ne nous reconnaissons pas dans ce pouvoir qui cultive l’entre soi masculin», ont-elles expliqué, accusant le gouvernement de se rendre «coupable de conflit d’intérêts» en nommant Gérald Darmanin à ce poste. Et les jeunes femmes de conclure : «Nous sommes la génération #MeToo. Nous sommes cette génération engagée qui ne se sent plus seule face aux violences que nous subissons (…) Cette génération qui n’hésitera pas à crier sa colère jusqu’à ce qu’elle se fasse entendre. »

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