Trois, cinq, neuf bébés ! Comment gère-t-on une grossesse multiple
Les naissances de triplés, quadruplés et plus, restent extrêmement rares et surtout très délicates. Comment les grossesses multiples de haut rang sont-elles possibles ? Quels sont les risques de complications pour la mère et les nourrissons ? On fait le point.
Apprendre que l’on attend des triplés, quadruplés et plus, est une annonce singulière. En 2020, une seule femme a mis au monde des sextuplés en France. Du jamais vu depuis trente ans. Plus récemment, une jeune malienne qui attendait des septuplés a finalement accouché de neuf bébés. Comment est-ce possible ? Quels sont les risques de ces grossesses multiples dites « de haut rang » ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur ces événements qui sortent de l’ordinaire.
Des grossesses rarement spontanées
Généralement, une naissance multiple est diagnostiquée au troisième mois de grossesse, au moment de la première échographie. La plus courante des grossesses multiples est la grossesse gémellaire qui voit naître des jumeaux. Les grossesses multiples de haut rang, c’est-à-dire au-delà de deux embryons, sont beaucoup plus exceptionnelles. Surtout, elles sont rarement spontanées. Parmi ces grossesses, seulement 10 % sont naturelles.
Dans la très grande majorité des cas, les grossesses multiples de haut rang sont la conséquence d’une aide médicale à la procréation, comme par exemple une stimulation de l’ovulation. Par le passé, la fécondation in vitro (FIV) a également contribué à la multiplication de ces grossesses. Plusieurs embryons étaient implantés chez une femme, mais lorsque ce transfert était tardif, la probabilité qu’ils se scindent en deux était plus élevée, augmentant ainsi la probabilité d’avoir une grossesse multiple de haut rang. Désormais, le nombre d’embryons transférés est le plus souvent limité à un ou deux embryons, notamment en raison des risques qui pèsent sur ces grossesses.
Vigilance accrue sur la prématurité
Les grossesses multiples de haut rang sont considérées comme des grossesses à risque, car toutes les complications associées à une grossesse simple y sont multipliées. Ainsi, les femmes qui vivent ces grossesses sont davantage sujettes à l’anémie et peuvent se sentir plus fatiguées et essoufflées que dans des grossesses classiques. Les risques d’hypertension artérielle sont aussi plus élevés. Du côté des bébés, ces derniers manquent de place plus rapidement. La pression exercée sur le col de l’utérus est telle, que les bébés arrivent, le plus souvent, bien avant le terme de la grossesse.
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Pour limiter les risques de grande prématurité et préserver la santé de la mère, une réduction embryonnaire est souvent proposée. Elle consiste à interrompre l’évolution d’un ou de plusieurs embryons. Les conséquences médicales et psychologiques de cette intervention sont importantes. C’est la raison pour laquelle le nombre d’embryons transférés dans le cadre d’une FIV a diminué ces dernières années.
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Toutefois, il arrive que ces grossesses atypiques aillent jusqu’à leur terme. Cela peut résulter d’un choix personnel mais aussi d’erreurs de diagnostic lors des échographies. C’est d’ailleurs un problème de visibilité lors des échographies qui expliquerait le fait que la jeune femme malienne qui vient d’accoucher de neuf bébés pensait attendre des septuplés. Pour ces grossesses multiples à haut rang, un suivi de grossesse spécifique est mis en place. Les futures mères sont suivies par des obstétriciens spécialisés et les examens sont plus fréquents. Le but de cette surveillance accrue est de prévenir un accouchement prématuré et de détecter rapidement les complications qui pourraient compromettre la santé de la mère et des bébés.
Pédale douce sur le train de vie des futures mères
Attendre trois enfants ou plus nécessite de prendre davantage de précautions qu’une grossesse simple. Le mot d’ordre ? Le repos ! Etant donné les risques d’accouchement prématuré plus élevés, les futures mères doivent aménager leurs activités quotidiennes. Le sport est contre-indiqué dans ces circonstances.
Le congé maternité des grossesses multiples de haut rang est également plus long. Il est allongé à 46 semaines, dont 24 semaines avant la date présumée de l’accouchement et 22 semaines après, contre 16 semaines pour une grossesse simple et 34 pour une grossesse gémellaire.
Accouchement et retour à la maison
Le moment venu, l’accouchement se fait généralement par césarienne. Puisque les bébés sont souvent de grands prématurés, ils sont hospitalisés en réanimation néonatale, le temps pour les médecins de s’assurer qu’ils sont en bonne santé.
Le retour à la maison est une étape qui peut générer du stress pour les nouveaux parents. Accueillir plusieurs enfants demande un peu d’organisation. Dès l’annonce d’une grossesse multiple de haut rang, un accompagnement pour envisager sereinement l’entrée dans cette parentalité est mis en place. Il est aussi possible de se faire aider par une accompagnante périnatale. Certaines associations comme Jumeaux et plus, proposent également une entraide morale et matérielle. Enfin, le soutien des proches, qu’il vienne de la famille ou des amis est bien sûr utile ! Une oreille attentive et une paire de mains en plus sont toujours les bienvenues.
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