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Traitement de la Covid-19 : les Etats-Unis autorisent l’utilisation d’anticorps de synthèse

Alors que le coronavirus continue de se propager dans le monde en laissant toujours plus de morts sur son passage, la course au vaccin s’accélère. Après les laboratoires Pfizer et BioNtech, qui assurent avoir mis au point un vaccin “efficace à 90%”, c’est au tour du laboratoire Eli Lilly d’apporter une lueur d’espoir dans la lutte contre la Covid-19.

En effet, l’agence américaine du médicament (FDA) lui a accordé ce lundi 9 novembre 2020, une autorisation temporaire à un traitement d’un nouveau genre : des anticorps de synthèse. Cette autorisation délivrée en urgence ne concerne pour l’instant que les malades légers à modérés, et non les patients hospitalisés ou placés sous oxygène.

Une seule injection du traitement réduirait la nécessité d’hospitaliser

D’autres traitements, comme le remdesivir et la dexaméthasone, ont eux aussi reçu divers niveaux d’autorisation après avoir démontré une certaine efficacité contre le virus, mais ces molécules existaient déjà avant la pandémie et ont été réutilisées contre la Covid-19, à la différence du traitement nommé “bamlanivimab”, développé spécifiquement contre le nouveau coronavirus par le laboratoire Eli Lilly.

Un peu plus d’un mois après la demande du laboratoire, la FDA a accordé une “autorisation pour une utilisation en urgence” au nouveau traitement, sur la base des résultats d’un essai clinique mené sur 465 adultes non hospitalisés, montrant qu’une seule injection du traitement réduisait la nécessité d’hospitaliser ou de soigner en urgence les patients contaminés par la Covid-19.

Cette autorisation se restreint cependant aux adultes et enfants de plus de 12 ans, pesant plus de 40 kg et ne présentant pas de “risque élevé de progresser vers une Covid-19 sévère et/ou une hospitalisation”.

“L’autorisation d’urgence du bamlanivimab par la FDA fournit aux professionnels de la santé en première ligne de cette pandémie un autre outil potentiel pour traiter les patients atteints de la Covid-19”, a déclaré le docteur Patrizia Cavazzoni, directeur par intérim du Centre d’évaluation et de recherche sur les médicaments de la FDA dans un communiqué. “Nous continuerons à évaluer les nouvelles données sur la sécurité et l’efficacité du bamlanivimab dès qu’elles seront disponibles”.

Des anticorps de synthèse pour leurrer le système immunitaire 

Le traitement se fait en une seule injection par voie intraveineuse. À base d’anticorps de synthèse, il imite la manière dont le système immunitaire se défend face au coronavirus, en allant bloquer la pointe du virus qui lui permet de s’attacher aux cellules humaines et de les pénétrer.

“Bamlanivimab” est considéré comme plus efficace pendant la phase initiale de l’infection, quand les anticorps ont encore une chance de maîtriser l’envahisseur, et non pendant la deuxième phase du Covid-19, quand le danger n’est plus le virus lui-même mais la sur-réaction du système immunitaire qui s’attaque aux poumons et à d’autres organes (le fameux orage cytokinique).

Au début du mois, le laboratoire Eli Lilly avait annoncé avoir commencé à tester deux traitements d’anticorps distincts chez les patients atteints par le virus. L’un, désigné LY-CoV555, est développé en partenariat avec la société biotechnologique canadienne AbCellera. L’autre, JS016, est développé en collaboration avec le fabricant chinois de médicaments Shanghai Junshi Biosciences.

Tous deux fonctionnent en bloquant une partie de la protéine du virus qu’il utilise pour pénétrer dans les cellules humaines et se répliquer. Le troisième anticorps candidat au traitement d’Eli Lilly agit sur une partie différente du virus et sera très probablement testé en combinaison avec l’un ou les deux autres.

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