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Sexo : au lit, j’ai plus envie que lui !

C’est à peine si on ose l’avouer mais la balance du désir penche davantage de notre côté que du sien. Pas de chance, être la désirante plutôt que la désirée nous gêne. Et pourtant, il y a matière à se réjouir.

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Serions-nous l’exception qui confirme la règle ? Partout, nous entendons dire que les femmes ont toujours un train de retard sur les hommes en matière de libido. Alors, pourquoi exprimons-nous plus souvent que notre amoureux notre besoin de faire exulter nos sens ? C’est quoi notre problème, aurions-nous des tendances nymphomanes ? On se pose la question car ne pas rentrer dans les cases se révèle toujours un peu inquiétant… « Dans notre société, les femmes sont sans cesse sommées de maîtriser leurs pulsions. Pulsions alimentaires, pulsions pour le shopping et évidemment (si ce n’est encore plus !) pulsions sexuelles. Après la ménopause, elles sont censées ne plus être gouvernées par leurs hormones : on attend donc d’elles une accalmie sexuelle, et certainement pas un regain de désir », constate la sexologue Valérie Cordonnier.

Il est où le problème ?

Taratata ! On ne va quand même pas se sentir coupables d’avoir envie de faire l’amour, d’être pleines d’énergie et avides de croquer la vie à belles dents. Ce serait un comble. Non, nous ne sommes ni folles ni hystériques ! Si notre libido ne nous a pas lâchées, c’est parce que nous avons su la préserver. D’abord, nous nous sommes certainement donné les moyens de tenir en respect les symptômes invalidants pour les galipettes que sont les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Ensuite, nous avons accueilli l’allègement de notre charge mentale – parce que plus d’enfants à la maison et un boulot plus vraiment prioritaire – sans aussitôt nous réinventer de nouvelles contraintes de toutes pièces (ménage, sport, bénévolat à tous crins). Résultat, nous avons l’esprit plus libre pour la bagatelle. Et puis qui sait, peut-être sommes-nous des expérimentatrices dans l’âme. « Avec l’âge, certaines femmes prennent conscience de l’étendue des territoires sexuels qu’elles n’ont pas encore explorés. Cela peut constituer un puissant amplificateur du désir », note Valérie Cordonnier.

Des hauts, des bas… La vie, quoi !

Dans le fond, ce qui nous embête, c’est d’être plus désirante que notre homme. Est-ce le signe que nous l’aimons davantage qu’il ne nous aime ? « Notre cerveau adore se réfugier dans des adages simples et accessibles lui épargnant les efforts. Tels que : le désir sexuel est le gage de l’amour, l’absence de désir celui du désamour. Or, pour peu que nous fassions preuve d’un peu d’honnêteté intellectuelle, nous savons parfaitement que l’on peut désirer sans aimer et aimer sans désirer », décrit la sexothérapeute. Au passage, profitons-en aussi pour évacuer le mythe du « synchronisme sexuel » : il faudrait toujours avoir envie en même temps, aux mêmes périodes de la vie, avec autant d’intensité l’un que l’autre. Évidemment, ce serait rassurant. « Si nous étions constamment en phase et sur la même longueur d’onde, ce serait la démonstration irréfutable qu’après toutes ces années, nous restons faits l’un pour l’autre, encore et toujours », poursuit-elle. Mais hélas pour nous (ou peut-être tant mieux !), la sexualité d’un couple n’est ni une horloge suisse parfaitement réglée ni une science exacte.

Une question de… confiance

Ce déséquilibre des désirs entre le nôtre (plus, plus, plus !) et le sien (moins, moins, moins) vient peut-être aussi raconter quelque chose de notre histoire. Si nous avons tout le temps envie de lui sauter dessus ou de le coincer entre deux portes, n’est-ce pas en fait une quête de réassurance ? « Certaines femmes peuvent parfois se mentir à elles-mêmes, se croire ultra-désirantes sans l’être vraiment, parce qu’elles ont la nostalgie d’un âge révolu. Elles se persuadent que le feu couve toujours en elles, comme à 20 ans ! », avance Valérie Cordonnier. Notre solide appétit érotique peut également cacher une fragilité de notre couple : peut-être avons-nous la désagréable impression qu’il prend ses distances. « Pour ramener leur homme à elles, certaines femmes optent pour les bons petits plats, d’autres pour le sexe. Tant qu’il sera occupé à faire l’amour avec elles, se disent-elles, il restera centré sur leur couple et ne regardera pas dans une autre direction », observe-t-elle.

Le compte est bon

Si notre chéri ne semble pas réellement indisposé par nos ardeurs – il se laisse régulièrement entraîner dans de joyeux ébats ou sait fort bien nous éconduire en douceur quand il le souhaite –, pas de quoi en faire tout un plat : nos polarités réussissent malgré tout à s’accorder. Et cela peut même devenir un jeu très excitant que d’aller chercher le conjoint réfractaire et de devenir meneuse de nos revues intimes ! « Il est possible que ça arrange l’homme d’avoir une femme entreprenante, prête à tous les efforts pour faire naître une érection parfois capricieuse », encourage Valérie Cordonnier. Et si nous nous sentons envahies par ce trop-plein de désir et souffrons qu’il ne soit pas accueilli par l’autre, parlons-en ensemble avant que la frustration ne nous conduise à l’aigreur. « La pénétration est peut-être devenue trop exigeante et angoissante pour lui, parce qu’il est fatigué, qu’il a des douleurs ou qu’il a peur pour son cœur. Ouvrir un espace de parole lui permettra de se confier, de dire son aspiration à une sexualité plus douce, plus axée sur des caresses », souligne la sexologue. Eh oui, ce genre d’attentes existe aussi chez ces messieurs !

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