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Qui se cache derrière l’objectif de ceux qui subliment Lyon ?

  • A Lyon, on estime à 70 le nombre d’influenceurs photos qui subliment la ville sur les réseaux sociaux.
  • Parmi eux, des « ambassadeurs », photographes amateurs ou professionnels, sollicités par la ville pour faire rayonner la capitale des Gaules.
  • 20 Minutes a souhaité savoir qui se cachait derrière l’objectif. Rencontre avec Oscar Minaya et Stéphane Mignot.

Ils ont l’art de sublimer la ville de Lyon. Toujours l’œil aiguisé, toujours en quête de la
photo qui saura se différencier des autres, toujours à la recherche d’un spot encore inexploré. Leurs réalisations fleurissent sur les
réseaux sociaux, déclenchant à chaque publication ou partage, des cascades de « like ».

Dans le milieu, on les appelle les « influenceurs ». On en dénombre près de 70. Certain.e.s ont même été contacté.e.s par Only Lyon, organisme chargé de faire rayonner la ville de Lyon, pour qu’ils deviennent ses « ambassadeurs ». A 20 Minutes, nous avons voulu savoir qui se cachait derrière l’objectif. Parmi la multitude de photographes amateurs ou professionnels, nous en avons rencontré deux.

Autodidactes

Stéphane Mignot est un « pur Gone », un enfant du pays. Un « petit-fils de canut », se présente-t-il en souriant. « Je suis passionné par cette ville et j’aime lui redonner ce qu’elle m’a donné », annonce-t-il d’emblée. La photo est surtout une passion, une drogue même. « Mon métier, en réalité, est de fabriquer des vaccins pour l’industrie pharmaceutique pour animaux », dévoile en rigolant cet autodidacte de 41 ans. L’homme a attendu 2012 et un séjour en Ecosse pour toucher son premier boîtier. Une révélation. « J’ai appris les bases, j’ai acheté des livres sur le sujet puis mon premier appareil, j’ai dévoré les tutoriels, j’ai demandé des conseils partout où je pouvais et j’ai testé ». Sans relâche. Pour se perfectionner continuellement, trouver son style, surprendre et séduire.

https://www.instagram.com/p/CHioN-2nh8z/

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Oscar Minaya, 48 ans, est lui aussi autodidacte mais professionnel depuis 5 ans. Ce père de famille, originaire du Pérou, s’est installé entre Rhône et Saône au début des années 90 pour travailler dans le milieu latino et animer des soirées derrière ses platines. La photo est venue plus tard, grâce à des spectacles de danse. « C’est comme ça que j’ai commencé, raconte-t-il. Cela m’a donné le goût ». Il s’essaie alors aux photos de rue pour « s’exprimer », se spécialise dans les shootings au cœur du Vieux-Lyon tout en continuant d’arpenter sa ville. Only Lyon le repère en 2016 et lui demande de devenir l’un de ses ambassadeurs photo.

https://www.instagram.com/p/CLM26FGnqM0/

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« Le plus important n’est pas la technique mais le regard que l’on peut avoir »

Lui aussi cultive le goût de la différence. « J’essaie toujours de trouver des vues inédites pour les partager. Parfois, je passe à un endroit, une photo me vient en tête. Alors, je reviens plus tard avec cette fois la bonne lumière pour la réaliser. J’aime beaucoup montrer le côté humain de la ville en essayant toujours d’avoir dans mon champ des gens en action ou de dos », développe-t-il.

« Le plus important n’est pas la technique ou l’appareil mais l’œil, le regard que l’on peut avoir », sourit le quadragénaire. « Il suffit parfois d’un petit trou dans une lucarne ou de monter au dernier étage d’un hôtel pour avoir quelque chose de différent », abonde Stéphane Mignot.

En ce moment, Oscar Minaya, qui utilise la technique HDR pour sublimer les couleurs, affectionne particulièrement de shooter la lune au téléobjectif. Quitte à faire 30 kilomètres pour dénicher l’angle idéal. « Le but est de toujours pouvoir identifier Lyon dans la photo en incluant un bâtiment, un détail qui fait que les gens vont reconnaître tout de suite la ville sous la pleine lune, explique le photographe. Le téléobjectif permet de rapprocher les perspectives. » Et de donner naissance à des clichés bluffants, dont la véracité est parfois critiquée par les internautes. « C’est vrai qu’il y a toujours des gens pour dire que c’est un montage. Je ne m’acharne plus à répondre », glisse gentiment le père de famille.

https://www.instagram.com/p/CL1SGJ9HRil/

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«Faire des photos avec le coeur »

A l’instar de son collègue, Stéphane Mignot travaille également principalement avec un grand-angle ou un téléobjectif. Il privilégie les sorties le matin ou le soir, en moyenne deux à trois par semaine, surtout le week-end. « En ce moment, je me focalise sur la météo, précise celui qui anime le réseau Igerslyon sur Instagram. Quand le ciel est chaotique, c’est là qu’on peut sublimer Lyon. Le soleil qui perce à travers un nuage, un orage qui se prépare… Tout cela peut donner des photos magnifiques. » Stéphane a même installé un détecteur de foudre sur son appareil pour détecter les ramifications des éclairs. « Des fois, on peut se déplacer pour rien… Mais c’est le jeu », confesse-t-il. La patience est donc de mise. La persévérance aussi.

https://www.instagram.com/p/COrhT0Rn0om/

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« Il suffit parfois de peu de choses. Généralement, les photos les plus réussies sont celles auxquelles on s’attend le moins, un coucher de soleil très rouge par exemple ou un reflet dans l’eau », conclut le jeune homme. Et de répéter : « Le plus important est d’avoir un œil observateur et de faire les photos avec le cœur ».

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