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Pourquoi il faut (re)voir la série ado « Dawson » sur Netflix aujourd'hui

La série est déjà sur Amazon Prime Video, comme Buffy, Newport Beach ou Roswell (ok c’est le paradis des teen shows), mais la puissance de frappe de Netflix est toujours une bonne occasion pour reparler de séries cultes, nostalgiques… et toujours d’actualité ? Dawson, créé par
Kevin Williamson (Scream, Vampire Diaries) en 1998, est disponible en intégralité sur Netflix vendredi, et si la plate-forme ne l’a pas attendu pour mettre en avant les séries adolescentes (
Riverdale, Sex Education, 13 Reasons Why), il est intéressant de voir comment elles lui doivent beaucoup (tout ?).

Parce que la série symbolise l’âge d’or des teen shows

Dawson, Buffy, Roswell, Felicity… La fin des années 1990 peut être considérée comme
un âge d’or des séries adolescentes. Beverly Hills était déjà passée par là, et avait posé les bases du teen show tel que nous le connaissons, avec sa ville à taille humaine, son triangle amoureux, sa mythologie américaine, voire WASP, perpétuée. Mais Dawson, et les atermoiements amoureux d’un fan de cinéma et de ses amis, renouvelle le genre, privilégie le spleen ado au soap opera, et fait avancer les mentalités, avec par exemple le premier baiser gay en prime time à la télévision américaine.

Parce que « les ados ne parlent pas comme ça »

Si la série a souvent été moquée pour ses acteurs de 30 ans qui jouent des ados (ils en avaient 20), il a aussi été dit qu’ils ne pouvaient pas parler comme ça, comme des adultes. C’est le parti pris et ce qui fait l’identité de Dawson, de mettre des mots sur les émotions, de disserter sur les sentiments. Les personnages parlent ainsi beaucoup, agissent finalement peu, ce qui participe au temps suspendu de la série.

Parce que la série a fait un peu pour l’inclusivité

Mais pas beaucoup pour la diversité. La série compte une poignée d’acteurs noirs sur ses six saisons, et dans des rôles secondaires voire de figuration. Comme beaucoup de séries à la même époque. Côté féminisme, la série partait mal avec le traitement, du slut-shaming disons-le, de Jen, mais elle a réussi à créer des portraits de femmes complexes, puissantes, libres, à l’instar de Joey. Le personnage de Jack est aussi très important, son coming out a révolutionné la télévision, aidé de nombreux garçons à ne plus se sentir seuls, et ouvert la voie à d’autres personnages gays dans les séries.

Parce que son triangle amoureux est mythique

Si la série présente Dawson et Joey comme le couple phare de la série, à l’instar de Ross et Rachel dans Friends, la saison 3 essaie quelque chose de nouveau, d’inconcevable aux yeux de beaucoup. Elle rapproche Joey et Pacey, le meilleur ami, le faux loser. Et… la série est relancée, presque phagocytée, par ce triangle amoureux,
l’un des plus mythiques de la télévision américaine. Team Dawson ou team Pacey ? Les fans se sont déchirés sur les forums de discussions, et on n’imagine pas ce que cela donnerait à l’ère des réseaux sociaux. Allez, chiche, les nouvelles générations, c’est à vous.

Parce que Dawson mérite une seconde chance

C’est un combat perdu d’avance. Même s’il donne son titre à la série en français et en anglais (Dawson’s Creek), Dawson est aujourd’hui réduit, pour ne pas dire ridiculiser, en un mème : 
le Crying Dawson. Il ne s’agit même pas de savoir qui de lui ou Pacey, Joey devrait choisir. Le personnage est pour certains l’un des plus têtes à claques de l’histoire, de
ceux qui vous sortent par les yeux, qui ne méritent pas
d’être le héros de sa propre série. Oui, c’est chaud pour lui. Et pourtant…

Comment nous l’avons déjà écrit (on ne lâche pas l’affaire), Dawson est un personnage mal aimé et incompris. Non pas qu’il ne soit pas problématique. Il l’est, parfois à la limite de la toxicité. Mais c’est aussi le postulat de départ de la série, il est un produit de son temps et vit l’effondrement de son petit monde « parfait ». Il pensait plier le monde à une image (de cinéma), il devra l’adapter à la réalité (des gens).

La série ne rendra pas toujours justice à cette approche, et au personnage, surtout lorsqu’il sera écrit en opposition au parfait Pacey (il l’est), et donc un peu sacrifié. Il n’en reste pas moins que sur la longueur, en creux, et même en retrait, Dawson devient un héros plus discret, philosophe, empathique. Il aurait mérité sa série.

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