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PAD, le design dans votre salon

Crise sanitaire oblige, le salon PAD Design + Art (PAD) a été contraint de reporter ses éditions de Londres et Paris. Pour offrir une visibilité mondiale à ses membres, le PAD orchestré par Patrick Perrin lance une plateforme digitale développée avec Tagwalk, le moteur de recherche le plus puissant de la mode, imaginé par Alexandra Van Houtte. Rencontre.

Paris Art Fair, Brafa Bruxelles, TEFAF Maastricht, Paris Photo, Arco Madrid, Art Basel… On ne compte plus les salons d’art internationaux annulés en 2020. Parmi ceux-ci, le très réputé PAD qui, chaque année, présente la crème de la crème du design à Paris et à Londres. Au fil des stands, on plonge dans d’incroyables sélections de mobilier, bijoux et objets décoratifs, mêlant arts premiers, design contemporain ou Arts & Crafts, mis en scène par les galeristes membres du PAD à la façon de collections personnelles. Impossible de faire le PAD en octobre 2020 ? Son fondateur, Patrick Perrin, héritier d’une dynastie d’antiquaires, relève le défi de présenter au monde les merveilles retenues par les galeristes via un site aussi chic qu’efficace : PADesignartonline. Une manière innovante et permanente de faire rayonner l’esprit créatif français.

Comment expliquer que la France soit l’un des épicentres de la décoration, de l’art et du design ?

Patrick Perrin. Il y a en France une créativité naturelle qui existe depuis plusieurs siècles et que n’ont pas d’autres nations européennes. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de création ailleurs, mais c’est plus ponctuel, c’est moins diffus dans l’ensemble de la société. S’y ajoute un patrimoine inouï d’objets créés à partir de la fin du XIXe siècle qui sont autant de pièces potentiellement sélectionnées par les galeristes membres du PAD.

Quelle est la situation des salons aujourd’hui, et plus spécifiquement du PAD ?

Patrick Perrin. Partout dans le monde, les salons sont repoussés, à l’image de toutes les éditions du PAD décalées à 2021. A ce jour, l’économie des salons et de l’événementiel est totalement à l’arrêt. Les galeries membres du PAD n’ont donc pas pu montrer les pièces acquises en 2020 et ont besoin de recréer leur modèle économique. Par ailleurs, il n’y a plus d’étrangers à Paris alors qu’ils représentent une part considérable de leur clientèle… Le secteur souffre beaucoup.

Pourquoi lancer cette plateforme maintenant ?

Patrick Perrin. Cela fait un moment que nous réfléchissons à un système permettant de fédérer les galeries de design de qualité, qu’elles soient historiques, modernes ou contemporaines. La crise du Covid-19 n’a fait qu’accélérer cette réflexion. Le digital est important mais, dans le domaine de l’art, il ne fait pas tout car rien ne remplacera jamais la relation personnelle entre un marchand et un décorateur, la rencontre entre un client et un objet. Alexandra Van Houtte,  Tagwalk et le PAD échangent depuis un an sur ce projet. En mode comme en design, la technologie accompagne un savoir-faire mais ne peut remplacer ni un œil, ni une relation, ni une connexion interpersonnelle. La subjectivité du beau, les émotions qu’une œuvre procure, ne seront pas remplacées par le digital. Celui-ci propose une aide, une accélération, une ouverture.

Quels sont les objectifs de la plateforme PADesignartonline ?

Alexandra Van Houtte. Avec cette plateforme, on revient à l’essentiel : l’objet. Plutôt que de multiplier la 3D et les vidéos, on met en avant chaque pièce avec des photos sous toutes les faces, de multiples choix d’entrée par mots-clés, famille, matière, couleur… Autrement dit, il faut imaginer un processus qui permette de chiner intelligemment.

Patrick Perrin. En aucun cas, il ne s’agit de remplacer le PAD. Plutôt d’accompagner ses membres durant un moment difficile et, au-delà, de faire vivre la communauté PAD tout au long de l’année. C’est un nouveau service, une mise en valeur de leur travail entre deux éditions du salon, auprès d’un carnet d’adresses sélectif, rassemblant des milliers de décorateurs du monde entier.

Alexandra Van Houtte. Cette plateforme accessible à tous les internautes sera aussi l’occasion de toucher une nouvelle clientèle potentielle : celle, ici ou ailleurs, qui ne va pas au PAD ou qui n’ose pas entrer dans une galerie.

Patrick Perrin. En résumé, la plateforme PAD sera une expérience ouverte à tous, pérenne, récurrente, originale et rassemblant le meilleur des arts décoratifs. Nous lançons une nouvelle communauté mi-digitale, mi-physique.






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Pourquoi avoir développé la plateforme PAD avec Tagwalk, acteur référent du monde de la mode ?

Alexandra Van Houtte. Depuis quatre ans, Tagwalk est réputé être un moteur de recherche très simple et pragmatique, sans publicité. Or, le PAD est un salon aux valeurs similaires. Patrick Perrin est quelqu’un de direct, naturel et organisé. La structure même de Tagwalk, son efficacité et son savoir-faire technologique étaient adaptés au cahier des charges du PAD où, comme sur Tagwalk, la mise en avant des galeries se fera de manière alphabétique.

Patrick Perrin. Le PAD ne pouvait pas développer cette plateforme autrement que de manière simple et naturelle, sans artifices. La lancer maintenant avec la garantie de la qualité Tagwalk était une évidence, d’autant que je connais Alexandra depuis toujours ainsi que ses valeurs.

Qui sera mis en avant sur cette plateforme ?

Patrick Perrin. Tous les membres du PAD, soit une centaine de galeristes, seront présents dès son lancement. Chacun d’entre eux pourra choisir d’y montrer les pièces qu’il souhaite, avec une mise en avant mensuelle des nouveautés. Cela va permettre à tous les galeristes, y compris les plus jeunes, de bénéficier d’une forte visibilité, même sans gros moyens.

Alexandra Van Houtte. Les retours des galeristes sont extrêmement positifs ! De plus, cette plateforme sera l’occasion de soutenir certaines causes, de mettre en lumière de jeunes talents en devenir.

Est-ce aussi l’occasion de participer à la diffusion dans le monde entier de l’« esprit décoratif français » ?

Patrick Perrin Oui, et nous y tenons beaucoup car le PAD, c’est le goût et l’esprit ! Plus de la moitié de ses membres sont des galeries françaises car nous avons la chance en France d’avoir des décorateurs extraordinaires, des marchands à l’œil exceptionnel et une histoire des arts décoratifs unique. Nous devons continuer à le faire savoir au monde entier.

Comment imaginez-vous le PAD dans les années à venir ?

Patrick Perrin. La prochaine édition est prévue le 7 avril 2021 à Paris. Plus largement, le futur consistera à allier des salons physiques, indispensables pour nourrir l’émotion, la relation, les contacts, et une présence digitale tout au long de l’année. Le PAD va accompagner et soutenir ses membres pour les rendre plus forts.

Elle Décoration, partenaire de PADesignartonline






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© Virginie Garnier

Entre ELLE Décoration et le PAD, c’est une longue et belle histoire depuis plus de dix ans. Chaque année, nous éprouvons un plaisir infini à y découvrir les pièces les plus merveilleuses du design et de l’art. Et à vous les présenter dans les pages de notre magazine ! Convaincu de la transformation du monde et des usages, ELLE Décoration accompagne évidemment le PAD dans ce nouveau chapitre de son histoire. Sur PADesignartonline, vous retrouverez l’œil de la rédaction via une newsletter mensuelle que nous enrichirons, des informations exclusives sur l’univers des arts décoratifs et de nombreuses surprises à l’esprit résolument « phygital » (physique + digital, ndlr).

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