L’interview eat girl de Fleur Godart
Auteure de BD, documentariste engagée et activiste du bon vin, elle envisage chaque bouteille comme un moment de plaisir et un acte politique.
ELLE. Qui vous a donné envie de cuisiner ?
FLEUR GODART. C’est Jean-Claude Ribaut (ex-critique gastronomique du journal « Le Monde »), un ami. Il a été mon « prof de bouffe ». Je lui dois la plupart de mes obsessions comme la truffe, tous les champignons ou les oursins. J’aime faire des grands dîners chez moi sur ma table ronde.
ELLE. Qui vous a donné envie de cuisiner ?
F.G. C’est Jean-Claude Ribaut (ex-critique gastronomique du journal « Le Monde »), un ami. Il a été mon « prof de bouffe ». Je lui dois la plupart de mes obsessions comme la truffe, tous les champignons ou les oursins. J’aime faire des grands dîners chez moi sur ma table ronde.
ELLE. Quel est le goût de votre enfance ?
F.G. Celui du poulet rôti de ma grand-mère hollandaise qui l’assaisonnait avec du curry, du gingembre, du curcuma… Elle le servait avec des frites maison. C’était toujours la bataille avec mon grand-père qui était belge, et qui préférait de son côté les moules.
ELLE. Quels sont vos produits préférés ?
F.G. Le beurre salé. Si je n’en ai pas, je suis en dépression. Autre incontournable, le piment. Je prépare des pâtes avec des jalapenos, du piment frais, du piment de Cayenne, et des petits piments rouges antillais. Ça dépote.
ELLE. Où vous approvisionnez-vous ?
F.G. Pour les agrumes, les fruits secs, le vrac, le café et même le pain, je vais au supermarché coopératif La Louve. Et je me fais livrer les légumes par Un cheval un Champ, des super-maraîchers du Maine-et-Loire.
ELLE. Quels sont vos producteurs favoris ?
F.G. Emmanuelle Marie, dealeuse de fruits de mer entre la Normandie et Paris. Je lui commande toujours des montagnes d’huîtres et de bulots. Pour le vin, Athénaïs de Béru, qui fait du chablis en Bourgogne. C’est une Parisienne reconvertie de la finance, elle cochait toutes les cases qu’il ne faut pas quand on veut s’intégrer dans ce monde. Pourtant, elle réalise un magnifique travail sur la vie des sols. Aujourd’hui, son vin cartonne.
ELLE. Votre plat du dimanche ?
F.G. La pintade au chou. Idéal pour les flemmardes ! Il vous faut juste une cocotte, du chou et une bonne pintade. Faites fondre du gras de pintade dans une cocotte, mettez-y le chou pour qu’il caramélise, ajoutez la pintade entière, sans rien. Ensuite enfournez à couvert à 180 °C et, au bout d’une heure, déglacez au vin blanc ou rouge. Puis laissez cuire encore 20 mn sans le couvercle. C’est tout !
ELLE. Quel est votre vin préféré ?
F.G. C’est l’enfer cette question ! Je peux juste vous dire ce que j’aime beaucoup en ce moment. Ce sont les vins qui ne sont pas tout blancs ou tout rouges. Ils sont issus de ce que l’on appelle une lasagne ou un millefeuille de cépage. Par exemple, dans une même cuve on va mélanger du gamay et de l’aligoté – inconcevable il y a encore quelques années – ou bien adopter une méthode de vinification innovante. Ça donne des vins passionnants, comme « Males Tears », un riesling macéré en grappes entières, ce qui lui apporte de la structure, des tanins, de beaux amers, des caractéristiques normalement attribuées aux vins rouges.
ELLE. Dans votre job, que vous a appris la crise du coronavirus ?
F.G. Elle m’a permis de « ranger ma vie ». J’avais des couacs de logistique, type transporteur qui ne trouve pas l’adresse, ne livre pas les bonnes bouteilles, etc. Aujourd’hui, tout roule. Avec mon équipe, je suis passée de la dépendance à l’autonomie.
Vins et volailles !
C’est le nom de l’entreprise familiale que Fleur Godart, fille d’agriculteurs installés depuis 1928 à La Roche-Chalay en Dordogne, a reprise et rebaptisée. En plus de son activité d’éleveuse, elle signe des BD engagées* et imagine des cuvées féministes en collaboration avec des vignerons. Pour elle, le vin est le vecteur privilégié d’un message politique. Les bénéfices de ses cuvées sont reversés à des associations militantes comme Fast, un fonds d’action sociale trans.
@vinsetvolailles * « Pur Jus » et « Accouche ! », avec Justine Saint-Lô (éd. Marabout).
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