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L'intelligence artificielle pointe le sexisme des films les plus populaires

Et si l’intelligence artificielle servait à dénoncer le sexisme ? Ambitieuse idée, que l’on retrouve au coeur d’une nouvelle étude initiée par une équipe de recherche en sciences sociales et en informatique du Centre Marc Bloch. L’idée principale de cette recherche relayée par Le Monde est de laisser “l’I.A.” analyser 3 500 films populaires, sortis entre 1985 et 2019, en détectant automatiquement les visages et le genre des acteurs à l’écran, afin d’évaluer l’égalité (ou non) de représentativité des genres.

Le bilan de cette recherche scientifique ? Sur ces plus de 3000 films passés au peigne fin des algorithmes, seulement 34,52% de visages féminins apparaissaient à l’écran. Pas dingue. Et encore, cela dépend du genre cinématographique investi : les films policiers par exemple ne présenteraient que 31,3% de présence féminine, et, plus étonnant, les films d’horreur mettraient davantage en scène les femmes que les comédies romantiques (38 % de présence féminine dans les films à frissons).

Bref, le verdict suggère une franche inégalité de représentativité des sexes. Mais cette étude montre tout de même que “la distribution se féminise ces cinq dernières années avec 10 % de films dépassant les 60 % de visages féminins, comme Bad Moms, Sisters, Rivales ou Instinct de survie, alors qu’il n’y en avait aucun avant 2014″, comme le souligne Le Monde.

Des évaluations à “affiner”

“Les femmes l’cran, la face cache du cinma.” @lemondefr revient sur une tude de trois chercheurs du Centre Marc Bloch. https://t.co/h1DlGj3h7n

“Nous insistons sur le fait que c’est une étude sur la représentativité et pas sur la représentation”, détaille d’ailleurs au Monde Antoine Mazières, l’un des auteurs de la recherche. Comprendre, c’est moins le traitement des personnages féminins que leur présence concrète à l’écran qui est ici interrogé. De plus, le quotidien précise que cette méthode algorithmique ambitieuse n’est “pas fiable à 100 %”.

Membre du collectif pour la parité dans le milieu audiovisuel 50/50, initié par Céline Sciamma, Harold Valentin affirme également qu’il faudrait “affiner ces évaluations” informatiques, notamment “en se dirigeant vers l’analyse des fonctions narratives” desdits personnages. Interroger le regard du cinéaste (regard “masculin” ou “féminin”) plus que ce ratio, pour ne prendre que cet exemple.

Pour ainsi dire, s’émanciper quelque peu des chiffres et proposer de vraies études de caractères. Cela étant, malgré cette fiabilité mise en doute, cette recherche scientifique propose d’intéressantes pistes de réflexion, notamment car elle fait montre d’une évolution concrète de la représentativité des sexes à l’écran. Ainsi de 1995 à 1998, on observait 25 % de présence féminine, et plus du double (45 %) pour la période 2014-2019.

Des chiffres intrigants s’il en est, auxquels il faut cependant ajouter une nouvelle précision majeure : les films sélectionnés l’ont été en fonction de leur popularité critique et publique, relative aux notations de sites spécialisés comme Imdb. L’étude est donc très loin d’être exhaustive ou essentialisante. “Compter les visages est plus sémantique qu’on ne le pense”, affirme cependant Antoine Mazières dans les pages du Monde.

De quoi interroger l’esprit critique du public.

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