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L'athlète hyperandrogène Aminatou Seyni interdite de Jeux olympiques (et c'est scandaleux)

Trop de testostérone. C’est la raison pour laquelle l’athlète nigérienne Aminatou Seyni, championne de sprint, risque d’être exclue des futurs Jeux Olympiques qui devraient prendre place à Tokyo en 2022. Plus précisément, la championne refuse de suivre un traitement visant à faire baisser son taux de testostérone, ce qui n’irait pas dans le sens de la fédération d’athlétisme, comme l’indique le média international RFI.

Le problème aux yeux de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), c’est donc l’hyperandrogénie. C’est-à-dire le taux élevé de testostérone, excès qui faciliterait les performances physiques des sportives, selon les responsables de la fédération. Une donnée que l’IAAF prend très au sérieux. En 2019 déjà, l’institution refusait que l’athlète sud-africaine et double médaillée d’or Caster Semenya concoure dans la catégorie féminine de sa spécialisation, le 800 mètres, à cause de son taux de testostérone trois fois supérieur à la moyenne des autres femmes.

L’exclusion pour des raisons hormonales est donc une problématique qui concerne bien des sprinteuses. Mais à l’instar de Caster Semenya, qui avait défendu sa cause au Tribunal sportif, Aminatou Seyni n’hésite pas à libérer la parole. “Je ne peux pas prendre des médicaments que je ne connais pas. C’est délicat. J’avais justement décidé de faire le 100m et le 200m pour éviter ces problèmes”, explique-t-elle au micro de RFI. Accablant.

Une forme de “misogynoir”

Triste de savoir que Aminatou Seyni va devoir une croix sur son rve de devenir championne aux JO de Tokyo et donner le sourire et l’espoir de millions de jeunes nigriens… https://t.co/mD1UrcbriA

“Triste de savoir que Aminatou Seyni va devoir une croix sur son rêve de devenir championne aux JO de Tokyo et de donner le sourire et l’espoir à de millions de jeunes nigériens”, déplore ainsi la scientifique nigérienne Fadji Maina. Bien des voix militantes voient là un exemple flagrant de misogynoir, c’est-à-dire d’une attitude discriminatoire à la fois raciste et sexiste, ce règlement semblant avant tout viser les athlètes non-blanches.

“C’est clairement pas la première fois que des femmes noires sont prises pour cibles dans le monde du sport en étant accusées d’être trop masculines pour être contrôlées plus que de raison. Ces règles sont complètement sexistes puisqu’elles obligent des femmes à prouver leur féminité et que ça tombe toujours sur des femmes noires, comme Caster Semenya et Aminatou Seyni mais aussi [l’athlète kényane] Margaret Wambui et [l’athlète burundaise] Francine Niyonsaba”, alerte en ce sens une internaute.

Une situation qui indigne d’autant plus l’opinion publique et les journalistes sportifs que, comme le suggère effectivement Aminatou Seyni, le règlement de la IAAF n’est censé prendre en compte l’excès de testostérone que dans le cadre des épreuves du 400 et du 800 mètres. Un détail qui ne semble pas déranger le vice-président du Comité national olympique du Niger, pour qui cette participation sans traitement adéquat demeure impossible.

“Ces réglementations rabaissent les femmes, nourrissent un sentiment d’inadéquation et les contraignent à recourir à des interventions médicales pour participer à des sports. Le sport moderne devrait évoluer et soutenir l’inclusion et la non-discrimination plutôt que de pérenniser l’exclusion et la discrimination”, fustige encore la chercheuse spécialiste en questions de genre Payoshni Mitra, comme le rapporte le site Madmoizelle.

A l’unisson, des ONG comme Human Rights Watch dénoncent cette situation. Et la principale concernée alors ? Sa voix n’a pas été davantage recueillie après l’annonce de son refus. Comme le précise RFI, Aminatou Seyni semble quant à elle avoir déjà tourné la page. L’athlète se focaliserait déjà sur les Jeux olympiques de 2024.

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