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L'amnésie, un marqueur d'Alzheimer pas si fiable ?

Un tiers des malades d’Alzheimer ne présenteraient pas de troubles de la mémoire ! C’est ce que révèle une nouvelle étude de chercheurs français.

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On associe volontiers la maladie d’Alzheimer au grand âge et aux pertes de mémoire. Pourtant l’amnésie n’est pas systématique chez tous les patients en début de maladie. Et cette manifestation clinique peut aussi révéler une autre affection neurodégénérative. Bref associer des pertes de mémoire et Alzheimer serait un raccourci. C’est ce que vient de montrer une étude menée par des scientifiques de l’Inserm.

Des équipes du CHU et de l’université de Lille ont analysé post-mortem le cerveau de 91 patients souffrant de diverses pathologies neurodégénératives (dont Alzheimer). Tous avaient naturellement passé des tests de performance cognitive de leur vivant et étaient regroupés en trois catégories : non amnésiques, modérément amnésiques ou sévèrement. Ce qu’ont découvert les chercheurs est étonnant* : un tiers des malades d’Alzheimer n’avaient pas de troubles de la mémoire ! Par ailleurs, près de la moitié des patients sans Alzheimer étaient amnésiques. Les scientifiques en concluent que la présence d’une amnésie ne ne peut pas être, à elle seule, prédictive de la maladie.

« Nos résultats confirment que le diagnostic fondé sur l’amnésie comme marqueur systématique de la maladie d’Alzheimer a une pertinence limitée, souligne le chercheur Maxime Bertoux. Ils invitent à repenser la manière dont cette maladie est diagnostiquée afin de réduire l’errance diagnostique et la mauvaise orientation de certains patients et d’améliorer la reconnaissance clinique et sociétale des autres maladies neurodégénératives. »

A l’heure actuelle, le diagnostic d’Alzheimer repose sur une évaluation neuropsychologique globale et une imagerie cérébrale, qui permettent d’établir un profil cognitif et anatomique évocateurs de la maladie (tests de mémoire, étude de la matière grise, mesure de l’atrophie de l’hippocampe…). Quand ces examens ne permettent pas d’identifier sans conteste la pathologie, on peut la confirmer avec une ponction lombaire. Chaque année, plus de 220 000 nouveaux cas sont diagnostiqués en France.

* résultats publiés dans la revue Neurobiology of Aging

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