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La violence conjugale et sexuelle n'épargne pas les premières amours

L’association En avant toute(s) a analysé le parcours des femmes victimes de violences qu’elles soient conjugales, sexuelles ou sexistes. Selon l’étude dévoilée ce mardi 6 octobre, les jeunes de 16 à 25 ans n’en sont pas préservées.

Les violences n’épargnent aucune tranche d’âge. L’association En avant toute(s) révèle, dans une étude inédite dévoilée mardi 6 octobre, que les jeunes femmes sont, au même titre que leurs aînées, confrontées aux violences qu’elles soient conjugales, sexuelles ou sexistes.

Concernant les agressions sexistes et sexuelles, l’étude révèle que les personnes victimes ont en moyenne 20 ans lors du témoignage. Parmi les moins de 26 ans, la tranche d’âge 16-20 ans est la plus touchée et représente 47% des victimes. «Cela peut peut-être s’expliquer par une entrée dans l’âge adulte et les débuts de la sexualité, à une période où l’on peut être encore mal informé et très vulnérable, alors que les codes d’une relation saine ne sont pas clairement établis dans la société», suggère Louise Delavier, coordinatrice de l’étude.

Un statut de “victime” qui pose problème

Loin des clichés de l’agression sexuelle – suite à une sortie trop arrosée ou une mauvaise rencontre, les jeunes victimes de violences sexistes et sexuelles de moins de 26 ans sont principalement victimes de leurs conjoints (33,3% des 315 cas renseignés) ou ex-conjoints (26,7% des cas).

Par rapport à leurs aînées, ces jeunes victimes sont plus rapides à venir parler des violences, parfois même seulement après quelques jours de relation. Pour autant, elles ont des difficultés à se reconnaître comme «victimes de violences conjugales». Comme le soulève l’étude, la plupart des femmes connectées au tchat de l’association disent «se poser des questions sur leur couple» ou demandent conseil parce que «quelque chose ne leur semble pas normal». Elles cherchent surtout à se rassurer et à savoir si ce qu’elles vivent est grave ou non. «Leur premier réflexe n’est pas de se positionner comme une victime, mais bien de questionner la relation», observe Louise Delavier. Or, dans 42,2% des cas, le motif du conseil s’avère être des violences au sein du couple, et dans 25,9% des violences vécues dans le passé.

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Les jeunes s’opposent davantage

Ce sentiment n’est pas surprenant. En effet, dans l’imaginaire collectif, une femme victime de violences conjugales est prostrée, marquée par les coups, mère de famille… «Les plus jeunes, qui s’inscrivent dans des parcours de vie parfois très différents, ne parviennent pas à associer ces problématiques de violence à leur couple : en parallèle des violences qu’ils et elles vivent, ils et elles peuvent continuer à sortir, faire la fête, étudier, ne pas être victimes de violences physiques, se rebeller», complète Ynaée Benaben, co-fondatrice d’En avant toute(s) et coordinatrice de l’étude.

Dans le couple, les jeunes souffrent aussi souvent d’une idéalisation de la jalousie. «La jalousie est comprise comme une façon d’exprimer son amour. Les comportements de contrôle, de surveillance et d’humiliation sont banalisés», relève Ynaée Benaben. Or, la jalousie est un prétexte couramment utilisé par les personnes violentes pour justifier ses actes, quand elles ne rejettent pas la faute sur la victime.

Par rapport à leurs aînées de différentes tranches d’âge, les plus jeunes victimes ont toutefois tendance à s’opposer davantage à la personne violente (33,3% contre 19%). Dans presque un cas sur quatre, les victimes de violences parlent à un proche. Elles se tournent, en revanche, moins vers des structures d’aide. Ce qui pourrait s’expliquer par le fait que les jeunes, et notamment les mineurs, bénéficient de peu d’associations spécialisées sur les violences de couple.

Quand les cyberviolences viennent s’ajouter

Les moins de 26 ans souffrent par ailleurs d’une grande variété de cyberviolences, des menaces, au chantage, en passant par les humiliations en lien avec le numérique. Dans près de deux cas sur dix, la cyberviolence prend la forme de messages malveillants. Ou encore : l’agresseur exige l’accès au téléphone de sa victime, et à ses données personnelles. Et dans plus de 11% des cas, des vidéos ou des photos à caractère sexuel sont diffusées sur les réseaux sociaux et internet à l’insu de la victime.

(1) Méthodologie : «Une écoute à l’écrit : Étude sur les caractéristiques et parcours des jeunes victimes de violences au sein du couple et de la famille à travers le tchat commentonsaime.fr» se fonde sur l’analyse de 1416 tchats (44 minutes en moyenne) effectués entre le 25 novembre 2019 et le 30 juin 2020, avec 996 interlocuteurs différents. 93,4% d’entre eux, dont le genre a été identifié lors du tchat, étaient des femmes.

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