Iran : les femmes non-voilées seront désormais traquées par des caméras de surveillance
Début décembre 2022, le procureur général d’Iran, Mohammad Jafar Montazeri, annonçait l’abolition de la police des mœurs, pour tenter de calmer la colère des manifestant·es, dans les rues depuis le 16 septembre et la mort de Mahsa Amini, Kurde iranienne de 22 ans, après son arrestation par cette même police pour un voile mal mis. Un écran de fumée. Les autorités iraniennes n’ont jamais relâché la pression sur les femmes.
« Des conséquences judiciaires en cas de récidive »
Pour preuve, samedi 8 avril 2023, via un communiqué cité par l’Agence France-Presse (AFP), la police du pays a annoncé qu’elle allait recourir aux technologies dans les lieux publics, afin de surveiller les Iraniennes qui ne respecteraient pas le code vestimentaire strict imposé par la République islamique. Elles sont nombreuses, depuis le début de la révolte, à défier ces règles.
« La police prendra des mesures pour identifier les contrevenantes en utilisant des outils et des caméras intelligents dans les places et les voies publiques », est-il expliqué. Cette police « enverra les preuves et des messages d’avertissement aux femmes qui violent la loi sur le hijab ». Ces dernières seront averties « des conséquences judiciaires en cas de récidive », est-il précisé.
« Les personnes qui ôtent leur hijab dans les lieux publics recevront d’abord un avertissement et seront ensuite présentées aux tribunaux », prévient Ahmad-Reza Radan, le chef de la police iranienne, au cours d’une interview donnée à la télévision d’État.
Les propriétaires des voitures recevront également un avertissement par message, si une passagère de leur véhicule, ne porte pas de voile. L’homme annonce qu’en cas de récidive, ils risqueront la saisie de leur véhicule.
Ces nouvelles mesures de contrôle entreront en vigueur dès samedi 15 avril.
Les Iraniennes au volant contrôlées
Déjà fin mars, Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire, avait annoncé que les Iraniennes qui ôteraient leur voile seraient « punies ». Samedi 1er avril, une mère et sa fille ont été arrêtées car elles ne portaient pas de voile dans une épicerie à Mashhad, au nord-est du pays. La scène avait été filmée et diffusée dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, et dans laquelle, un homme leur versait sur la tête un pot de yaourt, tout en les invectivant. L’agresseur des deux femmes avait également été interpellé.
Depuis début janvier, les policiers envoient un SMS aux femmes qui porteraient mal ou pas du tout de voile en voiture, la plaque du véhicule étant liée au numéro de téléphone.
Dans ce texto, les autorités font un rappel à l’ordre : « L’absence du voile a été observée dans votre voiture. Il est nécessaire de respecter les normes de la société et de veiller à ne pas répéter cet acte ». Ainsi, les contrevenantes sont invitées à se rendre dans un commissariat afin de signer un papier sur lequel elles s’engagent à ne pas recommencer, au risque d’être poursuivie en justice.
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