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Grossesse et covid : quel suivi pendant l’épidémie de coronavirus ?

Les femmes peuvent désormais être accompagnées lors des échographies. Les recommandations évoluent face à l’épidémie de Covid-19 et le télétravail est souvent privilégié dès le 7e mois de grossesse. Le point avec le Dr. Pia de Reilhac présidente de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale.

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Grossesse et covid : quand s’arrêter de travailler ?

[Mise à jour du 19 octobre à 12h38]. Dans la dernière version de son guide sur la continuité du suivi des femmes enceintes lors de la levée du confinement, la Haute Autorité de Santé avait actualisé ses recommandations concernant le suivi et l’accompagnement des femmes enceintes de la grossesse à l’accouchement.Les femmes enceintes au 3ème trimestre de grossesse sont considérées comme personnes à risque présumé de développer une forme sévère de covid-19. Les mesures barrières doivent être respectées et renforcées“. Aussi, “le suivi est à peu près le même qu’avant la crise sanitaire, mais si la femme enceinte est vraiment exposée dans le cadre de son travail (par exemple si elle travaille en grande surface), on l’arrêtera au début du 7ème mois de grossesse. Le problème, c’est que si elle contracte le covid au troisième trimestre de la grossesse, elle risque d’avoir une température élevée, d’avoir des contractions et d’accoucher prématurément. Et si elle se retrouve en insuffisance respiratoire en fin de grossesse, ce n’est pas bon non plus. Durant le troisième trimestre, on va encourager le télétravail jusqu’au congé maternité lorsque cela est possible“, ajoute le Dr. Pia de Reilhac présidente de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale. “Depuis le 18 mars, les futures mamans peuvent bénéficier d’un arrêt de travail directement établi par l’assurance maladie, via le télé-service declare.ameli.fr pour une période de l’épidémie“, précise le ministère de la Santé. “Toutefois, on ne va pas les mettre systématiquement en arrêt si elles ont la possibilité de faire du télétravail”, nuance Dr. Pia de Reilhac. 

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Téléconsultation et suivi de grossesse : des conditions assouplies

Dans son guide pour la prise en charge des patientes publié le 6 mai 2020, l’Ordre des sages-femmes (CNOSF) avait appelé à reprendre l’ensemble de l’activité clinique tout en l’adaptant aux circonstances épidémiques. “L’organisation du cabinet et de l’activité doivent être adaptées aux gestes barrières et à la distanciation sociale”, nuançant toutefois qu’il ne s’agit pas d’un retour à la situation pré-épidémique. Ainsi, la préparation à la naissance collective en présentiel ne peut être envisagée “que si et seulement si la distanciation sociale peut être observée strictement”. Elles réclamaient notamment : la mise à disposition de masques et d’équipements de protection, le maintien des remboursements des actes de télémédecine au-delà du 11 mai, et l’accompagnement des femmes à la sortie de maternité. Elles estiment également nécessaire de pouvoir prescrire des tests de dépistage aux femmes enceintes et à leur entourage s’ils constatent des symptômes cliniques lors des visites à domicile ou des rendez-vous au cabinet. Enfin, elles réclament la publication des décrets issus de la loi du 24 juillet 2019 permettant aux sages-femmes de vacciner les nourrissons. “Concernant les actes de télémédecine, c’est redevenu comme avant le confinement, c’est-à-dire qu’on ne peut faire de la télémédecine que pour des patientes que l’on a déjà vues alors que pendant toute la période du confinement on pouvait voir de nouvelles patientes, rapporte la gynécologue. Désormais, la téléconsultation est autorisée à partir du moment où le médecin a vu sa patiente cours des 12 derniers mois. Très important à savoir en cette période épidémique, on recommande aux femmes enceintes de se faire vacciner contre la grippe, les médecins ou sages-femmes peuvent leur donner des bons gratuits “. 

Téléconsultation, des rendez-vous en ville plutôt qu’à l’hôpital

Les visites prénatales mensuelles sont maintenues car il n’y a plus de restrictions de déplacement. Les femmes qui souhaitent se faire suivre à l’hôpital le peuvent mais dans les régions en alerte maximale, il reste préférable de se faire suivre en ville afin de limiter les risques de contamination” tempère le Dr. Pia de Reilhac. Par ailleurs, la téléconsultation peut être une bonne alternative pour vérifier la prise de poids de la future maman, la questionner sur son appétit, son sommeil, ou ses symptômes de grossesse (maux de tête, douleurs, etc.). Il est également possible, selon les cas, de lui faire parvenir une prise de sang à effectuer. “Néanmoins, la téléconsultation à ses limites puisqu’il est impossible d’évaluer à distance si sa tension monte, et cela est très important lors des derniers mois de grossesse“, précise la présidente. Enfin, parce que cette période de pandémie est difficile, la sécurité psychologique et émotionnelle de la femme enceinte ne doit pas être mise de côté par les professionnels de santé. “Les consultations de suivi, l’entretien prénatal précoce et les séances de préparation à la naissance doivent y contribuer, qu’ils soient assurés en présentiel ou à distance”, recommande la HAS. “On n’est plus en période de confinement mais avec ce manque de visibilité sur l’avenir, la sécurité psychologique et émotionnelle des femmes enceintes ne doit pas être négligée. C’est très important de continuer à les soutenir“, poursuit la spécialiste. 

Les préparations à l’accouchement en visio ?

Si pour certaines futures mamans, les séances de préparation à l’accouchement sont annulées, il est néanmoins possible d’organiser une séance de préparation à l’accouchement en vidéo en vidéo, avec sa sage-femme. Parfois, des petits groupes de deux ou trois personnes pourront être maintenus en prenant en considération les recommandations sanitaires. “Enfin, il ne faut pas oublier que la vie continue et que ces mesures sont mises en place pour protéger les femmes enceintes, mais également le corps médical” durant cette période épidémique de Covid-19, précise la gynécologue. De son côté, la HAS recommande de “maintenir les séances de préparation à la naissance grâce à la téléconsultation ou en les couplant à certaines consultations en leur consacrant un temps dédié, et accompagner les femmes pour préparer la naissance et la sortie précoce de maternité“. 

Suivi de grossesse et covid : quelles recommandations ?

De nombreuses mesures ont été mises en place pour les futures mamans après le déconfinement. La Haute Autorité de Santé insiste sur l’importance de moduler l’organisation du suivi des femmes enceintes en fonction des particularités géographiques et de l’évolution locale de l’épidémie, de l’accès aux ressources locales et des demandes de la mère ou du couple.

Troisième trimestre de la grossesse et Covid-19

Concernant le suivi du 3ème trimestre de grossesse, la HAS indique qu’il faut “adapter le suivi des grossesses à risque, tout en renforçant la surveillance des comorbidités associées et prévalent des formes graves de COVID-19“. Par ailleurs, les femmes enceintes qui sont dans leur 3ème trimestre de grossesse et étant à risque de développer une forme sévère de COVID-19, doivent impérativement respecter les mesures barrières, insiste la HAS.

Échographie de grossesse et covid : l’accompagnement est autorisé

Pendant le confinement, les futures mamans devaient se rendre seules à l’échographie. Aujourd’hui, le dispositif s’est assoupli. Si de plus en plus de cabinets d’échographie acceptent le couple, d’autres préfèrent que le futur père arrive au dernier moment. Cette décision est propre à chaque cabinet mais dès lors qu’il y a une possibilité de distanciation dans la salle d’attente, cela ne pose pas de problème“, note le Dr Pia de Reilhac. Le suivi de grossesse est assuré normalement.Les trois échographies obligatoires sont maintenues et les futures mamans doivent continuer à être suivies pendant leur grossesse” affirme le le Dr. Pia de Reilhac, présidente de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale. De son côté, la HAS indique qu’en fonction du risque obstétrical et de l’évolution de la situation clinique, mais aussi du contexte social et psychologique de la femme et d’un éventuel risque de violence intra-familiale, le suivi en téléconsultation ou en présentiel peut être proposé.

Peut-on décaler sa date d’échographie ?

En cas de fièvre ou de toux, les futures mamans doivent bien entendu contacter leur médecin pour voir s’il faut décaler le rendez-vous. Par ailleurs, “les trois échographies peuvent être effectuées entre la 11e et la 13e semaine d’aménorrhée (pour la première), entre la 21e et la 23e semaine d’aménorrhée (pour la seconde) et à partir de la 33e ou 34e semaine (pour la troisième échographie)“, rappelle-t-elle. Les femmes enceintes de jumeaux ont, quant à elles, une échographie à faire tous les mois. En d’autres termes, il est possible de décaler de quelques jours sa date d’échographie, à condition de rester dans les temps. Mais compte tenu des dispositifs plus contraignants et du temps d’attente entre chaque visite, cela risque de décaler les rendez-vous parfois trop tard. “Mieux vaut donc arriver à l’heure à son rendez-vous et repartir aussitôt !” conseille la professionnelle de santé. 

Les pères présents à l’accouchement ?

Dans un communiqué du 30 septembre, le CNGOF recommande la présence des pères à l’accouchement. “La présence du père est souhaitable au maximum, y compris pendant une éventuelle césarienne (sous couvert d’une charte des visiteurs, la recherche de symptômes compatibles avec un COVID, le respect des mesures barrières, et la limitation effective des déplacements“. S’il ne peut être imposé, le port du masque est néanmoins souhaitable pendant les efforts expulsifs.

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Voir un exemple

Quant aux visites post natales, si elles étaient refusées pendant la période de confinement, elles sont désormais autorisées. Le CNGOF précise toutefois qu’elles doivent être limitées afin de restreindre la déambulation de personnes dans l’hôpital et la maternité. Enfin, en fonction de l’évolution du virus en France, il est probable que les maternités prennent des mesures communes et adaptées, afin de protéger les mères et leurs bébés. Il est donc conseillé de contacter sa maternité si vous devez accoucher dans les prochains jours afin de savoir quelles sont les dispositions prises. Consulter notre guide des maternités.

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