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En Auvergne, une ferme désaffectée entièrement rénovée

Est-ce parce qu’elle affiche crânement son année de construction, 1841, sur son fronton ? Il émane de cette ferme désaffectée une certaine solennité. “La grange est impressionnante : elle mesure plus de 30 mètres de long ! On se croirait dans la nef d’une église.” Si, depuis longtemps, Géraud et Camille rêvent d’une résidence secondaire dans leur Auvergne natale, ils attendent de trouver un lieu à la hauteur de leur attachement à la région et à son patrimoine.

Un corps de ferme authentique 

Ils trouvent enfin ce corps de ferme installé dans un hameau, avec pour seul voisin un lac. “Ici, rien n’est factice…” se félicite le couple de Parisiens. Géraud s’imagine déjà, cheveux aux vents, s’adonnant à son sport préféré, le ski nautique, et Camille sur son paddle… Lors de sa première visite, Thomas Vidalenc, du cabinet d’architecture du même nom, est perplexe : aucune des trois longères n’était pensée comme un logement. Donc pas de fenêtres, à peine quelques fenestrons de 40 cm de côté, aucune cloison, et des murs de plus d’un mètre d’épaisseur. Il choisit de conserver la structure, hormis les nécessaires ouvertures pour faire entrer la lumière. Il rénove pierres et roche, qui restent apparentes.

Une architecture en accord avec le lieu  

L’idée de l’architecte, c’est de créer à l’intérieur de l’ancienne grange deux tours en béton, de part et d’autre, qui délimitent naturellement trois espaces : l’entrée, la cuisine/salle à manger et le salon. Il y installe tous les espaces “techniques” (sanitaires, buanderie, etc.). Les sols de ces nouvelles pièces sont recouverts de la même pierre de lave que celle utilisée il y a presque deux cents ans pour l’encadrement des fenêtres, qui provenait de la carrière voisine. “On s’inscrit ainsi dans le prolongement de l’histoire du site.” Géraud et Camille n’auraient pas pu rêver de plus d’authenticité…

  • Un duplex parisien aux airs de maison de vacances
  • Une bastide provençale entièrement repensée

Une vue époustouflante sur le lac

Le lac pour seul voisin… Chaise “Drawn HM4” de Peter Hvidt et Orla Mølgaard des années 1950, rééditée par &Tradition. Tapis “Milleraie”, Toulemonde Bochart. Ours naturalisé chiné. Vases en métal peint, Love Creative People.

Un salon chaleureux

Dans le salon, l’immense cheminée en béton est la réplique contemporaine de celle initialement construite en 1841. Canapés en lin “Kimono”, Frigerio Salotti, recouvert de coussins “Sunset”, Élitis. Entre les deux, lampadaire “Line Two”, Norr11. Tables basses “Natural Slice”, Baxter. Chaise longue en cuir “Traffic” de Konstantin Grcic pour Magis, réchauffée d’un plaid, Ardecora. Derrière, liseuse “Flamingo”, Platek. Fauteuil “CH07 Sheel” de Carl Hansen & søn. Dans la cheminée, chaise en bois, chinée. Tapis “Irish”, Toulemonde Bochart.

Une grande salle à manger

La salle à manger voit large, avec son immense table haute réalisée sur mesure en Sologne, Monchâtre Charpente. Terres cuites vernissées, The Conran Shop. Salière et poivrière en corne, Laguiole. Chaises hautes, La Redoute Intérieurs. Suspension “Noon 7”, Zeitraum. Au mur, une tête de vache de l’Aubrac.

Une cuisine brute et moderne

Tout en tôle et chêne, la cuisine s’accorde à la pierre brute du bâtiment. Au sol, Thomas Vidalenc a posé une pierre de lave extraite de la carrière voisine qui avait déjà fourni les matériaux pour la construction de la grange. La suspension sur mesure, dessinée par Thomas Vidalenc, évoque une poutre industrielle. Saladier, The Conran Shop. Piano de cuisson, Lacanche. Dans le jardin, le taureau en polycarbonate rend hommage à la tradition agricole de la région.

Une chambre cosy

Dans la chambre, la haute tête de lit en béton est adoucie d’un revêtement en tissu “Napoli”, Maison de Vacances. Chevet réalisé sur mesure. Au-dessus, lampe “Fumi High”, Pulpo. Vase, The Conran Shop. Dessus-de-lit, Maison de Vacances. Coussins “Vallauris” et “Pilule”, Élitis.

Une salle de bains lumineuse

Grâce à son immense fenêtre et son grand miroir, la salle de bains est immergée dans le paysage environnant. Baignoireîlot, Teuco. Lavabo en pierre de lave extraite de la carrière voisine. Robinetterie, Jee-O. Serviette de toilette India Mahdavi pour Monoprix. Appliques “Papillon”, MassifCentral. Tabouret chiné.

Une grande terrasse avec vue

Rien ne doit entraver la vue… Les huisseries pivotantes se font oublier. Canapé “Bitta” de Rodolfo Dordoni pour Kettal. Bouts de canapé fabriqués par Géraud et Camille à partir d’une bûche de bois. Lampe de sol en crochet “Monsieur Tricot” d’Ilia Eckardt pour Tribù. À l’intérieur, fauteuil “Wingback”, Tom Dixon, et coussin, Élitis.

Une maison ouverte sur la nature

Sur le pignon de l’ancienne grange, Thomas Vidalenc a inséré une grande percée de verre encadrée de métal, qui offre à la chambre une vue imprenable. Sur toute la longueur du toit, l’architecte a par ailleurs pratiqué des ouvertures qui font entrer la lumière dans la maison.

Thomas Vidalen, l’architecte

Comme la tour de Babel, les deux constructions en béton qui bordent l’ancienne grange s’élèvent jusqu’en haut de la bâtisse. L’architecte Thomas Vidalenc y a installé toutes les pièces annexes : dressing, office, salles de bains, etc.

Plus de reportages dans le magazine Marie Claire Maison

Par : Virginie Lucy-Duboscq

Photos : Didier Delmas

Texte : Valérie Charrier

Reportage issu du n° 519 – Septembre 2020

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