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Covid-19 : peut-on être immunisé sans pour autant avoir été infecté ?

Des anticorps réactifs au SARS-CoV-2 ont retrouvés dans le sang de patients n’ayant pourtant jamais été infectés par la Covid-19, révèle une étude. Comment expliquer ce phénomène ? On fait le point.

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Lorsqu’une personne est touchée par la Covid-19, des anticorps font leur apparition et lui confèrent une potentielle immunité contre une nouvelle infection. D’après une récente étude, ces anticorps pourraient persister jusqu’à 5 mois, même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Mais peut-on être immunisé contre le coronavirus sans avoir été infecté au préalable ? C’est en tout cas ce que suggèrent des chercheurs du Francis Crick Institute et de l’University College de Londres, dans une étude parue dans la revue Science.

Covid-19 : des anticorps retrouvés dans le sang de patients non-infectés

Pour tester l’efficacité de tests d’anticorps particulièrement sensibles qu’ils étaient en train de mettre au point, ces scientifiques ont comparé le sang de patients atteints de Covid-19 à celui de personnes qui n’avaient pas été touchées par la maladie. Pour ce faire, ils ont analysé 300 échantillons de sang prélevés avant la pandémie, entre 2011 et 2018. Ils ont ainsi découvert de manière fortuite que certaines personnes n’ayant pas été exposées au coronavirus avaient dans leur sang des anticorps réactifs au SARS-CoV-2.

La quasi-totalité des échantillons sanguins contenaient des anticorps en lien avec d’autres coronavirus, ce qui n’est pas surprenant car tout le monde a déjà eu un rhume. Cependant, environ 1 échantillon sur 20 contenait des anticorps réagissant avec le SARS-CoV-2, bien que les patients en question n’aient jamais été infectés par la Covid-19.

Comment expliquer ce phénomène ? D’après les chercheurs, ces anticorps sont probablement le résultat d’une exposition à d’autres coronavirus, pouvant être à l’origine d’un simple rhume. C’est ce que l’on appelle l’”immunité croisée”.

Les chercheurs ont également découvert que ces échantillons sanguins appartenaient le plus souvent à des enfants âgés de 6 à 16 ans. “Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre pourquoi, mais cela pourrait être dû au fait que les enfants sont plus régulièrement exposés à d’autres coronavirus, explique Kevin Ng, co-auteur de l’étude.

Pas de preuve que ces anticorps empêchent une infection au SARS-CoV-2

La présence de ces anticorps induit-elle forcément une protection contre le SARS-CoV-2 ? Pour tenter de le découvrir, les chercheurs ont analysé les anticorps retrouvés dans ces échantillons et ont constaté qu’ils ciblaient la sous-unité S2 de la protéine de pointe présente à la surface du virus. Tandis que la sous-unité S1 permet au virus de s’accrocher aux cellules et est relativement diversifiée parmi les coronavirus, la sous-unité S2 permet au virus de pénétrer à l’intérieur et est plus similaire parmi ces virus. “Nos travaux montrent que la sous-unité S2 est suffisamment similaire entre les coronavirus du rhume et le SARS-CoV-2 pour que certains anticorps puissent agir contre les deux”, explique George Kassiotis, co-auteur de l’étude.

Des recherches complémentaires sont néanmoins nécessaires pour confirmer les résultats de cette étude, car “il n’y a pas encore de preuve que ces anticorps empêchent l’infection ou la propagation du SARS-CoV-2”, précisent les chercheurs.

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