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Covid-19 : avec ou sans symptômes, 10% de la population aurait été en contact avec le virus

L’immunité collective est présentée comme une solution pour enrayer la pandémie de coronavirus. Mais selon le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, l’immunité dite grégaire est “insuffisante” en France pour se protéger d’une deuxième vague car seulement “10% de la population a été en contact avec le virus”.

Pour endiguer l’épidémie de Covid-19, de nombreux pays misent sur l’immunité collective. L'”immunité grégaire” ou “immunité collective” correspond au niveau de la protection immunitaire d’une population vis-à-vis du virus. Si cette immunité collective est obtenue, de nombreuses personnes seront immunisées contre la Covid-19. Conclusion : le risque de transmettre le virus sera plus faible car il circulera moins.

L’immunité collective est “insuffisante” en France pour sortir de l’épidémie de Covid-19

Selon le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, il ne faudra pas tout de suite compter sur cette stratégie pour sortir de l’épidémie de coronavirus et prévenir une deuxième vague dans l’Hexagone. “En France, on estime qu’environ 10% de la population française a été en contact avec le virus qu’elle ait eu ou non des symptômes”, a déclaré le président du Conseil scientifique, ce mercredi 5 août sur France Inter. “Dans certaines régions peu touchées par le virus, c’est plutôt autour de 5 % ou 6 %. En région parisienne et dans l’Est, qui ont été beaucoup touchés, on est plutôt autour de 12-13 %”, a-t-il nuancé.

“On n’a donc pas atteint” l’immunité de groupe sur le territoire, détaille Jean-François Delfraissy. Et pour cause, il faudrait que 50 à 60% de la population aient été infectés par la Covid-19 pour que l’immunité collective soit acquise. “C’est la raison pour laquelle la survenue d’une deuxième vague est possible puisqu’on a une immunité populationnelle qui est insuffisante pour se protéger”, a-t-il poursuivi.

Covid-19 : une deuxième vague est “possible” à l’automne

Le président du Conseil scientifique a indiqué que la situation en France est “contrôlée mais fragile”. “Notre inquiétude est qu’à l’automne, avec le changement climatique, et le fait qu’on vit moins dehors, on ait un retour du virus de façon importante. C’est ce qu’on appelle une possible deuxième vague”, a-t-il développé.

“On n’est pas dans la situation de janvier ou de février : on est avec un virus qui circule, qui ne circule pas au même niveau, et on a des mesures de distanciation pour limiter le nombre de cas. Soit le virus circule de façon très forte en septembre et il faudra annuler ces mesures, soit on est dans une situation maîtrisée. Après tout, la deuxième vague n’est pas prévue pour septembre mais pour novembre”, a expliqué Jean-François Delfraissy.

“Il n’y a pas de certitude qu’il y aura une deuxième vague, mais elle est possible. On a des outils pour l’aborder”. C’est pourquoi “pour 20 grandes métropoles, nous avons demandé de prévoir de vrais plans de confinement partiel”, étant que l’“on va tout faire pour éviter un confinement”, a indiqué le président du Conseil scientifique.

Covid-19 : les jeunes “seront les premiers touchés à la rentrée si on a une reprise importante”

Jean-François Delfraissy est également revenu sur la proposition polémique d’Eric Caumes, infectiologue de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Ce dernier a suggéré de ” laisser les jeunes se contaminer entre eux ” pour obtenir l’immunité collective. Le président du conseil scientifique a précisé : “La population jeune a compris que le risque pour elle était relativement faible, mais n’a pas compris qu’il fallait qu’elle se protège pour protéger les autres – et aussi pour protéger son propre avenir, parce qu’ils seront les premiers touchés à la rentrée si on a une reprise importante et qu’ils ne peuvent pas travailler”, a souligné Jean-François Delfraissy.

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