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"Challenge infectieux" : pourquoi le Conseil scientifique s’oppose à cette technique controversée dans la lutte contre la Covid-19

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Inoculer délibérément le virus à des volontaires en bonne santé afin de tester l’efficacité d’un vaccin. C’est le principe du “challenge infectieux”, une technique qui fait débat et à laquelle le Conseil scientifique s’oppose.

On le sait : la recherche d’un vaccin prend du temps. Et si la communauté scientifique internationale est mobilisée pour y parvenir au plus vite, un laps de temps d’au moins un à deux ans reste nécessaire. En cause ? Les essais cliniques, qui se divisent en trois phases et qui permettent de vérifier l’efficacité dudit vaccin, sont un passage obligé.

Pour accélérer ce processus obligatoire, certains laboratoires pharmaceutiques proposent de mettre en place d’un “challenge infectieux”. Cette technique consiste à inoculer délibérément le virus à des volontaires en bonne santé et à évaluer leur réponse immunitaire, afin de tester l’efficacité du vaccin. Ce procédé, délaissé depuis les années 1970, fait débat.

Accélérer les essais cliniques grâce au “challenge infectieux” ?

Le “challenge infectieux” se déroule en plusieurs étapes. La première consiste à séparer les volontaires en deux groupes : l’un reçoit le vaccin qui doit être testé, tandis que l’autre reçoit un placebo. Le virus est ensuite inoculé à tous les participants. En observant leur réponse immunitaire, les scientifiques peuvent alors évaluer l’efficacité du vaccin.

Alors qu’une centaine de vaccin contre la Covid-19 sont actuellement à l’étude, certains laboratoires pharmaceutiques ont suggéré avoir recours à cette technique pour accélérer les essais cliniques. Mais l’idée est loin de séduire l’intégralité de la communauté scientifique. Dans son dernier avis rendu le 9 juillet dernier, le Conseil scientifique s’est exprimé sur la question et s’est dit défavorable au challenge infectieux, pour des raisons scientifiques et éthiques.

“Challenge infectieux” : un problème “éthique” et “scientifique”

Pour expliquer son positionnement, le Conseil scientifique évoque des raisons scientifiques et éthiques. “L’existence de modèles animaux d’infection à SARS-CoV2, même imparfaits, n’impose pas de recourir à l’évaluation d’une protection chez des jeunes volontaires en bonne santé dont les résultats ne seraient pas plus transposables, que ceux des modèles animaux, aux personnes vulnérables, principales cibles de la protection”, peut-on lire dans ce document.

Le Conseil scientifique ajoute également que “même si le niveau de risque est faible, on ne peut écarter la possibilité de survenue d’accident chez ces volontaires, en l’absence de thérapeutiques curatrices avérées du Covid-19”.

Le recours au challenge infectieux ne serait donc pas nécessaire, car bien que les modèles animaux soient imparfaits, ils permettent déjà de tester l’efficacité des vaccins. Mais ce n’est pas tout : le fait de tester ces vaccins sur des personnes jeunes et en bonne santé ne permettrait pas de connaître leur efficacité sur le reste de la population, composée de personnes plus âgées et vulnérables.

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