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Barcelone, Vallauris, Paris, Vauvenargues…notre itinéraire voyage sur les traces de Picasso

Le peintre a vu le jour à Malaga en 1881. Une double exposition et un livre sont à découvrir pour les 140 ans de sa naissance.

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A Barcelone, l’esprit bohème

Le jeune prodige est accepté en 1895 à l’école des beaux-arts de Barcelone, où enseigne son père. A 14 ans à peine, il achève en un jour l’épreuve du concours d’admission, pour laquelle un mois est accordé ! Très vite, la capitale catalane, moderne et métissée, fait naître chez l’adolescent des envies d’expérimentation et d’émancipation des codes académiques. A 17 ans, il abandonne ses études pour se consacrer à son art, largement influencé par l’avant-garde du modernisme catalan, dont les représentants se réunissent aux Quatre Gats (quatre chats), une taverne inspirée du Chat Noir à Paris. En 1902, Pablo Picasso s’installe dans le quartier ouvrier du Raval. C’est le début de sa période bleue.

A Paris, la célébrité

Au début du XXe siècle Picasso vit des années assez sombres, marquées par une profonde mélancolie – son ami, le peintre Carlos Casagemas, se suicide en 1901 – et par la précarité. Ses toiles teintées de bleu reflètent ses états d’âme. A partir de 1904, il s’installe à Paris, dans la cité d’artistes du Bateau-Lavoir, sur la butte Montmartre. Il y rencontre son premier grand amour et découvre le cirque Medrano ainsi que les troupes théâtrales parisiennes. Saltimbanques et acrobates peuplent les œuvres de la période rose. En 1907, c’est le choc : par son sujet (des prostituées) et par la géométrisation des modèles, l’huile sur toile Les Demoiselles d’Avignon bouleverse les codes et annonce le tournant cubiste.

A Vallauris, l’art de la céramique

La première visite de Pablo Picasso à Vallauris, entre Antibes et Cannes, a lieu en 1946. Deux ans plus tard, il s’y installe avec sa compagne Françoise Gilot et leurs enfants, Paloma et Claude, dans une villa baptisée La Galloise. Le maître espagnol se lance alors dans une intense production céramique, sans délaisser la peinture ni la sculpture. En 1953, il transforme en atelier une ancienne distillerie, le Fournas, où il dispose de l’espace nécessaire pour travailler et entreposer ses créations.

A Vauvenargues, hommage à Cézanne

Trois ans après la somptueuse villa La Californie, acquise en 1955 sur les hauteurs de Cannes, l’artiste s’offre le château de Vauvenargues, au pied de la montagne Sainte-Victoire. Grand admirateur de Paul Cézanne, qui avait consacré à la face sud de ce massif 87 toiles, il n’en peindra jamais que la face nord ! Toujours en quête d’innovation malgré son âge avancé, Picasso se lance dans la linogravure (gravure du linoléum), inspiré par les paysages du sud de la France qu’il aime tant. A sa mort en 1973, il est inhumé dans le parc du château.

Où retrouver le peintre ?

A Paris jusqu’au 2 janvier 2022

Lorsque deux figures majeures de l’art moderne se rencontrent, cela donne une exposition à double visage inédite, déclinée simultanément dans deux institutions parisiennes. Le musée Rodin (7e) s’attache aux solutions plastiques inventées par les deux hommes pour figurer le réel. Quant au musée national Picasso-Paris (3e), il ouvre aux visiteurs les portes de l’intimité de l’atelier, pour appréhender le processus créatif de chaque artiste dans toute sa richesse. L’exposition Picasso-Rodin met en avant les points de convergence entre les deux maîtres, aussi bien dans leur façon d’appréhender leur art et de diffuser leur œuvre que dans la construction de leur image publique.
musee-rodin.fr
museepicassoparis.fr

En librairie

Comme le suggère son sous-titre, Réflexions, fulgurances et traits d’esprit, cet ouvrage est né de la volonté du biographe Laurent Greilsamer de donner la parole au génie espagnol. Il présente les propos les plus marquants du maître sur l’art, la vie, les amis, l’argent, les femmes… Une fois n’est pas coutume, Picasso se dévoile ici non pas à travers ses peintures et sculptures mais par ses mots, drôles, incisifs, percutants.

Le Monde selon Picasso, Laurent Greilsamer, éditions Tallandier, 19,90€.

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Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Histoire n°18 mars-avril 2021

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