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Surya Bonaly violentée par sa mère ? Un célèbre champion olympique raconte

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Invité sur CNews dans l’émission Morandini Live lundi 10 février 2020, le champion olympique Gwendal Peizerat, s’est livré sur les différentes sortes d’abus que peuvent subir les sportifs et sportives de haut niveau.

Le patinage artistique fait son #MeToo. Deux ans après le mouvement qui avait secoué l’univers du cinéma, Sarah Abitbol, grande championne de patinage artistique, accuse son entraîneur d’abus sexuels dans un livre intitulé Un si long silence (ed. Plon). Depuis, ce milieu fait face à une introspection forcée et tardive mais nécessaire. Invité dans l’émission Morandini Live lundi 10 février 2020, diffusée sur CNews, le champion olympique de danse sur glace Gwendal Peizerat s’est livré sur les différentes sortes d’abus dont peuvent être victimes les sportifs de haut niveau. Outre les agressions sexuelles, sportifs et sportives sont ainsi victimes d’abus psychologiques et physiques. Et le sportif de donner pour exemple le cas de la patineuse Surya Bonaly.

“Il y a beaucoup de gens qui essayent de parler et puis on les force au silence”, a déclaré Gwendal Peizerat. “Dans le sport, il y a contact physique, il y a proximité, il y a connaissance ultime de la personne, on passe énormément de temps avec les jeunes quand on est entraîneur, plus que les propres parents. Certains sont déracinés pour aller s’entraîner dans les centres nationaux comme à l’INSEP, ils sont arrachés de leur famille, n’ont plus de cadre familial pour les protéger. Mais attention : on parle des entraîneurs masculins mais les entraîneurs féminines peuvent faire autant de violences. On s’est rappelé dernièrement les violences connues qui étaient réalisées sur Surya par sa maman, qui était son entraîneur. Tout le monde connaissait ça. Et que faire ?”

“Tirer par la natte pour l’emmener dans les vestiaires, lui jeter des protèges-lames à la figure…”

Gwendal Peizerat, détaille ensuite les sévices que la mère de Surya Bonaly aurait fait subir à sa fille. “C’est -à-dire tirer par la natte pour l’emmener dans les vestiaires, lui jeter des protèges-lames à la figure. Je parle d’elle et je m’en excuse mais je pourrais parler de plein d’autres personnes. Aujourd’hui on vit quelque chose d’extrêmement difficile, nous, patineurs de l’équipe de France, parce qu’avec la parole libérée de Sarah, on est devenus des antennes et on a beaucoup de témoignages qui nous parviennent aujourd’hui […] Et on s’aperçoit de l’ampleur de ce que cela représente sur des générations et des générations.”

Lucide, Gwendal Peizerat espère une prise de conscience dans le monde du patinage artistique et, plus généralement, dans l’univers du sport. “Il y a tout un chantier pour rebâtir un nouveau modèle de Fédération. Par une réflexion collective, sportive et citoyenne, on peut être un laboratoire d’essais pour arriver à quelque chose de nouveau et devenir une fédération exemplaire qui puisse être reproduite dans d’autres fédérations parce que nous ne sommes pas les seuls.” Et de conclure, optimiste : “On doit réfléchir tous ensemble. Il faut élargir le débat et que tous, on ait des groupes de travail, de projets, pour aider Madame la Ministre et le Comité Olympique à bâtir quelque chose de nouveau pour que cela n’arrive plus jamais dans le sport.”

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