"Quand j'ai débuté, personne ne voulait m'habiller" : Salma Hayek raconte comment elle a imposé sa silhouette à Hollywood

En couverture du nouveau numéro de l’édition indienne de Vogue, Salma Hayek se livre dans une longue interview. Entre considérations sur son âge, son corps et anecdotes de tournage, l’actrice raconte comment elle a su naviguer entre les écueils d’Holywood et de la célébrité.

Entre la promotion de ses prochains films, sa vie de famille et le temps qu’elle garde pour s’occuper de ses chevaux, sa chouette, ses poules et ses alpagas, Salma Hayek se dévoile en couverture du dernier numéro de Vogue India. Dans un long entretien publié mardi 3 août, l’actrice revient sur ses débuts au cinéma et son sentiment de ne pas appartenir aux normes de cette industrie. «Si je n’ai pas eu beaucoup de rôles, c’est parce que j’étais Latina. Mais je sais qu’il y a 60 millions de Latinas (aux États-Unis) et j’ai compris qu’ils passaient à côté d’un marché énorme», explique-t-elle à la journaliste Priyanka Khanna. Sa taille, ses origines, son poids… Salma Hayek a vite découvert qu’Hollywood ne lui ferait pas de cadeau. Elle révèle notamment qu’à ses débuts, aucune marque, ni styliste, ne se bousculait pour l’habiller. «Je suis Mexicaine. Je suis aussi très petite, ce qui n’aide ni le poids et pour le design (des tenues, NDLR).»

En vidéo, Salma Hayek: « La maturité est une chose magnifique »

« Je suis fabuleuse »

Alors que sa silhouette ne rentrait pas dans les normes dictées par l’industrie du cinéma, Salma Hayek n’a pas baissé les bras. Déterminée, elle raconte comment elle a su s’y adapter tout en restant bien dans sa peau. «J’ai été ingénieuse. J’ai pris des risques. J’ai rencontré quelqu’un chez Hugo Boss, qui était le seul contact que j’avais à l’époque, et j’ai porté des costumes d’homme pendant un moment.»

L’idée : se sentir «fabuleuse», quoiqu’il advienne. «Une autre fois, je portais une robe noire très simple et je savais que toutes les autres filles allaient avoir des robes fabuleuses, et des bijoux magnifiques. Vous savez quoi? Au lieu d’en faire un complexe, de ne me dire que je n’avais pas la plus belle robe et qu’on ne saurait pas qui je suis… Je me suis dit : « je suis fabuleuse ». Je me suis dessiné de faux tatouages en forme de papillons et je me suis sentie bien dans ma peau».

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Aujourd’hui, habillée d’une robe rose plissée Gucci sur la couverture du magazine, l’actrice se souligne avec humour ce retournement de situation. «Je fais en sorte que tout marche pour moi. J’ai épousé le propriétaire d’une entreprise de mode. Maintenant c’est à eux de me confectionner des vêtements. C’est le karma.»

Pour son dernier rôle dans le film House of Gucci, dont le tournage, avec Lady Gaga et Adam Driver, vient de s’achever, et dans lequel joue une voyante qui a comploté contre l’héritier de la maison italienne, Salma Hayek a dû prendre quelques kilos. Et a décidé de vivre sereinement avec. «C’était stressant parce que je ne pouvais pas rentrer dans mes vêtements. Alors vous savez ce que j’ai fait ? Je suis allée faire du shopping et j’en ai acheté dans une nouvelle taille. Je pense que je peux m’en sortir avec des kilos en trop et que les gens me pardonnent plus facilement à cause de mon âge. Je prends ce privilège. C’est moins stressant de rentrer dans de nouveaux habits et de se dire « C’est mon nouveau moi, pour le moment. »».

Date d’expiration

Son âge, Salma Hayek le respecte et en est fière. À 54 ans, elle s’épanouit en compagnie de sa fille Valentina (14 ans) et de son mari François-Henri Pinault qu’elle a épousé en 2009. «J’ai passé 15 ans avec mon mari et ça se passe toujours aussi bien. On se fait rire, on se comprend toujours bien. Je suis vraiment fière de mon mariage et de ma fille. Ce n’est pas très courant que l’amour survive, qu’il s’épanouisse. Dans la trentaine, dans la vingtaine, il est toujours difficile de trouver le grand amour (…). L’avoir à la cinquantaine est un cadeau incroyable».

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Consciente de ce que l’idée de l’âge impose aux femmes, l’actrice a même demandé à faire réécrire son personnage du film Hitman’s Wife’s Bodyguard, sorti le 30 juin. «Ils ont pensé que je devais paraître plus jeune parce que c’est une comédie d’action, et que je devais donc interpréter une femme de 40 ans. Mais comment font les hommes pour jouer dans des films d’action alors qu’ils ont 70 ans?» L’actrice a alors insisté pour que son personnnage ait non seulement la cinquantaine, mais soit également prise dans un conflit entre sa ménopause, et le désir de tomber enceinte. «Ils m’ont dit « ce n’est pas drôle ». J’ai répondu que tout dans le monde est drôle. Il faut de l’humour pour le supporter».

Pour Salma Hayek, pas question de laisser les hommes la limiter en raison de son âge. «Pourquoi devrions-nous les laisser nous donner une date d’expiration ? Je pense qu’il y a beaucoup de sexisme en ce qui concerne l’âge. Ils nous donnent beaucoup de dates limites qu’ils n’ont pas. Comme [l’idée qu’] après un certain âge, vous perdez votre beauté ou personne ne voudra vous épouser. (…) Je voulais d’un personnage qui soit fort, féroce, beau, sexy et prêt pour l’aventure parce que les femmes de mon âge, au milieu de la cinquantaine, peuvent encore être cela». La preuve avec la vie rêvée de Salma.

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