Public Story : Margot Robbie, la super-héroïne d'Hollywood

En moins de dix ans, l’Australienne a conquis Hollywood sans contrainte. De retour en Harley Quinn dans The Suicide Squad, l’occasion était belle d’établir un focus sur une fille du bush qui n’entend pas jouer les potiches.

Sa filmographie

2013 : LE LOUP DE WALL STREET Elle joue l’épouse d’un business man incarné par Leonardo DiCaprio dans ce film de Martin Scorsese sur l’argent, le pouvoir et les drogues…

2016 : TARZAN Remake d’un classique du cinéma de David Yates. Elle campe une Jane impeccable face au musculeux Alexander Skarsgård qui joue l’homme-singe.

2017 : MOI, TONYA Elle produit et s’offre le rôle principal dans ce biopic sur la scandaleuse Tonya Harding, à la fois reine de la glace et redneck sans pitié. Une réussite.

2019 : SCANDALE Aux côtés de Nicole Kidman et de Charlize Theron, elle interprète une journaliste victime de harcèlement sexuel à Fox News. Face à deux stars, l’actrice ne pâtit pas de la comparaison.

2015 : DIVERSION Une comédie qui gravite autour de deux escrocs : Will Smith tient le rôle de l’arnaqueur mentor, Margot Robbie, celui de la débutante dans le métier.

2016 : SUICIDE SQUAD Première incursion dans l’univers de DC Comics. Elle crève littéralement l’écran en Harley Quinn tour à tour sexy, inquiétante et drôle.

2019 : ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD Margot y incarne Sharon Tate dans un L.A. des sixties qui confine à la nostalgie. Sa performance est à nouveau saluée.

2020 : BIRDS OF PREY Elle retrouve son personnage fétiche de Harley Quinn dans ce spin-off de Suicide Squad coloré et survolté qui surfe à fond sur la vague post #MeToo.

2021 : THE SUICIDE SQUAD Retour à la franchise Suicide Squad où elle reprend le rôle de Harley Quinn. De quoi défier Scarlett Johansson qui incarne actuellement Black Widow chez le concurrent Marvel ?

“J’ai fréquenté une école où tous mes amis étaient riches.”

C’est une Australienne qui a mis Hollywood à ses pieds en deux temps trois mouvements. Une star glamour a priori à l’ancienne, mais qui porte en elle, et le plus naturellement du monde, une authentique modernité. Margot Robbie, 31 ans, est de retour à l’écran dans la peau de son personnage fétiche dans The Suicide Squad : celui de Harley Quinn, une ex-psychiatre atteinte d’amour transi pour le Joker et qu’il vaut mieux ne pas trop taquiner : cette sociopathe intégrale part facilement en vrille. “Harley Quinn, ce personnage est épuisant”, confessait d’ailleurs l’actrice dans Entertainment Weekly (juillet 2021) tout en annonçant dans la même interview qu’elle n’avait plus envie de l’incarner “jusqu’à nouvel ordre”. Star, égérie Chanel, productrice futée à succès… Margot Robbie est le prototype de la fille à qui tout réussi. De quoi susciter la jalousie et la rancœur de ses consœurs ? Amber Heard et Blake Lively qui figuraient sur la short list du Loup de Wall Street, n’auraient toujours pas digéré, dit-on. Elle n’en a cure, son nom s’impose comme une évidence : ses rôles forts affolent les box-offices internationaux et son féminisme transparaît sans opportunisme dans ses choix professionnels judicieux. Ajoutez à cela un côté solaire, “so fresh”, en mode positive attitude et le tour est joué ! À la faveur d’une interview dans Elle en juillet, la comédienne déclarait : “J’ai l’impression de moinsentendre des paroles déplacées à l’encontre des femmes. Même s’il s’agit de petits détails, je les trouve toujours encourageants”, tout en confessant sa “nature optimiste”. Au regard du parcours de la star, il y a de quoi l’être effectivement. Elle a passé son enfance en Australie, dans le Queensland puis dans une ville de la côte est, Southport, où avec ses 60 kilomètres de plage la pratique du surf est reine.

Big deal avec Chanel

La blonde a tapé dans l’œil de Karl Lagerfeld qui l’a engagée dans son écurie de luxe. Depuis, elle est entrée dans le club des reines du style et ses divers looks sont salués par les plus prestigieux magazines et blogs de mode. Aux dernières nouvelles, Chanel l’a élue égérie de la montre J12. Margot Robbie s’inscrit plus que jamais dans l’air du temps…

Elle a confondu le prince Harry avec Ed Sheeran

Margot est la troisième d’une fratrie de quatre enfants (deux frères, une sœur) abandonnée par le père, élevée par une mère kinésithérapeute et des grands-parents maternels qui possèdent une ferme. Issue d’un milieu peu fortuné, elle fréquentera cependant un lycée plutôt huppé qui va déterminer son destin : “J’ai fréquenté une école où tous mes amis étaient riches. J’allais souvent chez eux et, très vite, je me suis dit : OK, c’est ça que je veux !”, confessait la blonde dans Elle en mars 2018. À la maison, sans être une grande cinéphile, l’ado Margot est fan de Goldie Hawn dont elle regarde les films en boucle. Un jour, elle voit à la télé une jeune fille blonde de son âge dont le jeu d’actrice laisse vraiment à désirer. “Je pourrais en faire autant voire mieux”, se dit-elle. Sa décision est prise : à 17 ans, à peine diplômée du lycée, elle part pour Melbourne, à l’autre bout du pays, pour courir les castings et enchaîner les petits boulots (baby-sittings, serveuse dans un bar, plonge dans un restaurant, caissière dans un supermarché…). Margot finit par décrocher un rôle, dans Neighbours(Les Voisins), une série en mode institution de la télévision australienne, qui lança jadis Kylie Minogue ou encore Guy Pearce. Pendant deux ans et demi, la débutante apprend le métier et réalise qu’elle aime non seule-ment la caméra, mais que c’est réciproque. Elle se met à rêver plus grand. Elle a, à ce titre, engagé un coach pour capter l’accent américain. Les producteurs de Neighbours tentent de la retenir mais sa décision est prise : elle part direction les États-Unis. À Los Angeles, elle déniche un rôle d’hôtesse de l’air dans la série Pan Am (ABC) avec Christina Ricci en vedette. Mais c’est elle qui retiendra l’attention de Martin Scorsese, cinéaste téléphage, qui engage cette bombe blonde pour son Loup de Wall Street en 2013. La suite on la connaît : son croisement de jambes dans ce film porté par Leonardo DiCaprio marque les esprits et transforme la Robbie en “next big thing”. Au point que le magazine Playboy sortira le carnet de chèques en échange d’un shooting sexy. Ce qu’elle refusera. Motif : si elle doit apparaître nue ce sera dans un film et pour des motivations artistiques. Reste qu’elle suscite alors toutes les attentions. Certains journaux la casent un peu vite avec Brad Pitt ou Leonardo DiCaprio, d’autres évoquent une liaison avec Will Smith sur le tournage de Diversion (2015). Des photos d’une fête où Will et Margot apparaissent très complices sont publiées dans la presse américaine. La rumeur enfle, les acteurs démentent, Jada, l’épouse de Will ne moufte pas… Et un peu à la surprise générale, Margot décide d’épouser son boyfriend, Tom Ackerley, un assistantréalisateur, qu’elle a rencontré en 2013 à la faveur d’une colocation sur le tournage du film Suite française à Londres. Afin de calmer le jeu ? Possible tant la star sait parfaitement mener sa barque. Côté cinéma, un rôle va booster définitivement sa carrière : celui de Tonya Harding, la patineuse prodige white trash accusée d’avoir orchestré l’agression de sa rivale, Nancy Kerrigan, juste avant les Jeux olympiques de 1994. Une affaire hallucinante, comme l’Amérique les aime et qu’elle n’a pas oubliée. Margot perçoit très justement le potentiel de ce petit projet, d’un réalisateur australien inconnu au bataillon, Craig Gillespie et décide de coproduire le film. Son interprétation sidérante et ultra-naturaliste dans Moi, Tonya lui vaut des critiques unanimes et une nomination aux Oscars. À partir de là, sa performance dans Once Upon a Time… in Hollywood de Quentin Tarantino achèvera de l’installer définitivement. Bombe sexuelle face à Leonardo DiCaprio, patineuse redneck en mode “cassos”, héroïne déjantée de films DC Comics ou icône sixties… À chaque fois, Margot Robbie s’en tire avec les honneurs. Et même quand elle se révèle gaffeuse quand elle confond le prince Harry avec Ed Sheeran en 2016 lors d’une soirée à Londres, ça passe crème. Cette jeune star est décidément née sous une bonne étoile. Elle s’expliquait sur le sujet dans Elle en avril dernier : “En Australie, on dit : ‘Je viens du pays de la chance. Aujourd’hui, je vis en Amérique, la terre des opportunités. Le mélange de la chance et des opportunités donne une vie incroyable. C’est la mienne.” Tout simplement. ¦

Son big love ? C’est Tom

Ultra courtisée à Hollywood, elle finira par jeter son dévolu sur un illustre inconnu rencontré sur le tournage de Suite française en 2013. Son nom ? Tom Ackerley. Sa nationalité ? Britannique. Son métier ? Assistant-réalisateur. Le couple convolera en décembre 2016 à Byron Bay en Australie. Tom et Margot ont mis en vente fin mai l’une de leurs maisons à Los Angeles pour 3,475 millions de dollars. Un bien immobilier acquis 2,7 millions de dollars en 2017. Belle plus-value…

Barbie girl

Qui d’autre que Margot Robbie pouvait incarner la célèbre poupée Barbie à l’écran. Franchement, on ne voit pas… Le projet a l’air totalement délirant mais dès cet automne le tournage du biopic Barbie démarre avec deux figures du cinéma indépendant intégrées dans ce projet : Noah Baumbach à l’écriture du script et Greta Gerwig, à la réalisation. En attendant l’Australienne (productrice du film) sculpte son corps via un régime strict : un smoothie le matin, une salade au poulet le midi et un steak de thon le soir… Life in plastic, it’s fantastic ? Pas si sûr…

Une productrice qui pèse à Hollywood

Dès 2014, elle crée sa propre boîte de prod LuckyChap Entertainment avec une idée-force : “Produire du contenu badass mené par des femmes !” (Les Inrockuptibles, décembre 2020). Un concept visionnaire qui va s’incarner en deux temps trois mouvements puisque tour à tour Moi, Tonya de Craig Gillespie (2017), Terminal de Vaughn Stein (2018) ou Birds of Prey de Cathy Yan (2020) vont cartonner. En 2021, Promising Young Woman de Emerald Fennell avec Carey Mulligan a beaucoup fait parler de lui en multipliant les nominations aux Oscars. La fresque romantique Dreamland de Miles Joris-Peyrafitte (2019) a moins bien marché en revanche. On ne peut pas gagner à tous les coups…

Renaud Leclercq

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