Célébrités

Moby : "J’ai fait détruire ma piscine pour la remplacer par des arbres"

Richard Melville, alias Moby, livre un magnifique album électro-ambient. Artiste pluriel, il est aussi très engagé en faveur de la planète.

Madame Figaro. – Dans votre dernier album, All Visible Objects, sorti au mois de mai, vous chantez, ce qui est rare. Qu’est-ce qui vous en a donné l’envie ?
Moby. –
À 8 ou 9 ans, je rêvais de devenir chanteur. J’ai fait partie de plusieurs chorales et j’ai réalisé que ma voix n’était pas extraordinaire. Alors, quand j’ai commencé à faire des disques, j’ai demandé à des chanteurs d’interpréter mes textes. Il m’arrive d’enregistrer une partie vocale, comme une note d’intention. Et parfois, je la garde, car tout en n’étant pas parfaite, elle possède la qualité de la vulnérabilité.

Le principal trait de votre caractère ?
La curiosité pour ce qui m’entoure. C’est ce qui me permet d’être dans l’acceptation, la compassion et la solidarité.

Celui que vous détestez chez les autres ?
La certitude provinciale, la cruauté arrogante… Quand les gens croient que leur jugement et leur bigoterie sont justifiés. Et puis la vertu ostentatoire qu’on voit sur les réseaux sociaux.

Votre geste écologique ?
Même si ça sonne absurde et prétentieux, c’est essayer d’empêcher notre espèce de commettre autant d’erreurs qui détruisent le monde. Nous créons la majorité des problèmes, nous avons les informations pour les réparer, mais nous continuons…

Le livre qui vous accompagne ?
Moby Dick, le premier roman existentialiste. Comme Kierkegaard et Camus, Melville étudie la condition humaine. Le capitaine Achab dit : «Tous les objets visibles ne sont que des masques en carton.» Ils sont notre façon de comprendre le monde, mais ne reflètent pas le monde réellement. C’est un concept qui a inspiré mon album All Visible Objects.

Votre truc antistress ?
Le sens de l’humour. L’extravagance aussi : dans ma maison à Los Angeles, il y avait une piscine, une cuve d’eau morte qui consommait beaucoup d’énergie. Je l’ai fait détruire et l’ai remplacée par des arbres. Ma conseillère financière m’a dit : «Attends, donc tu dépenses de l’argent et ta maison a moins de valeur !» Eh bien oui, je préfère l’oxygène à l’argent.

Les trois basiques de votre dressing ?
Un jean épuisé, un tee-shirt, et mes nouveaux tatouages. J’ai fait le premier au festival Lollapalooza, en 1995. En général, on se tatoue quand on est jeune et bête… Moi, j’ai attendu d’être vieux et bête !

Votre héros d’enfance ?
Marcel Duchamp, car j’ai grandi entre une mère et une grand-mère peintres obsédées par les surréalistes. Duchamp aimait ce qu’il faisait et en comprenait l’absurdité. Il arrivait aussi à comprendre l’absurdité des gens qui le vénéraient. C’est mon modèle.

All Visible Objects, Because.

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