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Le témoignage déchirant de Patricia, anéantie par la mort de sa fille au Bataclan le 13 novembre 2015 : “Ma vie est fichue”

VIDEO – Cinq ans après les attentats du 13 novembre 2020, Patricia, qui a perdu sa fille Priscilla au Bataclan, raconte son deuil impossible aux caméras de TF1, pour l’émission Grands Reportages.

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Patricia avait une relation fusionnelle avec sa fille Priscilla. La jeune femme, âgée de 35 ans, est morte au Bataclan, le soir du 13 novembre 2015. Photographe, Priscilla aimait les voyages, était amoureuse depuis un an, avait de nombreux projets. Ensemble, ils étaient venus assister au concert des Eagles of Death Metal. Ce sera leur dernier concert. L’attaque terroriste du 13 novembre 2015 a fait 131 morts et 413 blessés. Il s’agit des attentats les plus meurtriers que la France ait connus. Lors de cette soirée tragique où la célèbre salle de spectacle a été touchée en plein cœur, tout comme les terrasses des cafés de l’Est parisien et le Stade de France, des centaines de destins ont été brisés. Parmi eux, celui de Priscilla, donc… mais aussi celui de sa mère, Patricia. À l’occasion d’une émission spécialement consacrée aux attentats du 13 novembre (diffusée le 8 novembre 2020 et disponible en Replay, en ligne sur LCI.fr ou sur MYTF1), Grands Reportage se concentre sur le long “retour à la vie” des victimes et de leurs familles. Une fois l’émotion nationale passée, que deviennent-elles ? Face aux caméras de TF1, Patricia raconte son deuil impossible.

“Toutes les thérapies qu’on pourra m’imposer ne serviront à rien”

Pour Patricia, séparée de son mari de longue date, sa fille était tout. Alors, même si elle a mis trois ans à se séparer de certaines affaires, elle tient à garder toutes les photos. “C’est une manière de continuer à vivre et de tenir debout, aussi”, confie Patricia. “Ça vous donne une force. Et puis de mener ce combat contre l’absence. Parce qu’il faut apprivoiser l’absence. Mais je ne sais pas si on peut apprivoiser une absence. Jamais je n’accepterai la disparition de ma fille.” La maman de Priscilla poursuit :Ma fille n’était pas malade. Elle adorait la vie. Elle la croquait à pleines dents. Elle avait 35 ans. C’est impossible pour moi d’accepter qu’elle ne soit plus de ce monde. Toutes les thérapies qu’on pourra essayer, qu’on pourra m’imposer ne serviront à rien. Si Prescillia avait été malade, qu’elle avait été atteinte d’une maladie très grave et qu’il n’y avait pas d’autre moyen, il aurait fallu l’accepter mais ce n’est pas du tout la même situation. Là, elle a été assassinée parce qu’elle aimait la vie.” Aujourd’hui, Patricia explique “errer dans sa propre vie en somnambule.” Pour avancer, Priscilla s’est trouvé une seconde famille : celle formée par les associations de familles du 13 novembre. “Il n’y a qu’auprès d’elles qu’elle se sent comprise”, expliquent nos confrères. Et Patricia de conclure : “Ça donne un sens à ma vie. Quand vous avez une fille unique qui, d’un seul coup est arraché à la vie, il faut essayer de se raccrocher à ce qu’on peut. Moi, je ne serai jamais grand-mère. Ma vie, elle est fichue.”

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