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Karl Zéro raconte le calvaire qu’il a vécu à cause de l’affaire Alègre

S’impliquer dans de sordides affaires judiciaires peut faire des dégâts : Karl Zéro s’en est rendu compte en 2003, lorsqu’il a lu en direct dans son Vrai Journal une lettre explosive du tueur en série Patrice Alègre. Un acte qui a eu de lourdes conséquences.

Karl Zéro

Nordahl Lelandais, Michel Fourniret, Xavier Dupont de Ligonnès… Karl Zéro s’intéresse aux grands faits divers et mène l’enquête sur certains dossiers brûlants. A la recherche de nouvelles révélations, le journaliste a lancé en avril dernier sa revue, L’envers des affaires. « C’est le confinement qui m’a donné l’impulsion. Tu es à la maison, et là, tu deviens dingue : sur les chaînes info, 24h/24, on ne te parle que Covid ! Au bout de deux mois, j’ai éteint la télé, et je me suis remis à lire. C’est là que j’ai pensé que ce serait bien de faire une revue qui redonne du temps au temps », explique-t-il ce 11 juin dans Voici. Pour son premier numéro, Karl Zéro revient sur l’affaire Patrice Alègre, qu’il ne connaît que trop bien. Ce tueur en série, qui a sévi à Toulouse de la fin des années 80 à son arrestation en 1997, a été condamné en 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, pour cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols. Mais l’histoire ne s’était pas arrêtée là : en 2003, lorsque des enquêteurs ont rouvert des dossiers pour chercher d’autres crimes auxquels aurait pu être lié le tueur en série, un nouveau scandale avait éclaté.

Karl Zéro profondément marqué par l’affaire Alègre

A la suite du témoignage de deux prostituées, le procureur de Toulouse avait ouvert en 2003 une information judiciaire sur des soupçons de proxénétisme en bande organisée, viols, et viols aggravés avec actes de torture et de barbarie. Des horreurs qui auraient, selon leurs dires, pu être commises par des personnalités politiques, judiciaires et policières de Toulouse. La presse régionale et nationale avait alors mis en cause des avocats et des politiques locaux, sans forcément citer de noms. Mais en mai 2003, dans le journal de Claire Chazal, Dominique Baudis avait pris la parole. Ancien maire de Toulouse et alors président du CSA, il avait annoncé, visiblement très stressé, que son nom était cité dans l’enquête. Niant fermement toute implication, il dénonçait une « effarante machination ». Il a été blanchi quelques années plus tard : les deux prostituées qui ont lancé l’affaire ont été reconnues coupables de dénonciation calomnieuse en 2009 et condamnées à deux et trois ans de prison avec sursis. Mais entre-temps, l’avocat de Dominique Baudis a attaqué tous ceux qui émettaient des soupçons sur son client, dont Karl Zéro.

En contact avec Patrice Alègre, Karl Zéro avait lu une lettre du tueur en série en direct dans Le Vrai Journal sur Canal+, qui mettait en cause Dominique Baudis dans une affaire de viols de prostituées. Après un premier non-lieu, le journaliste avait été mis en examen pour sortie irrégulière de correspondance de prison. Comme il le confie ce 11 juin dans Voici, il l’a « très mal vécu ». C’était même « un cauchemar » : « Suite à ça, des ordres ont été passés, et toutes les portes se sont fermées, assure-t-il. Avec Daisy (sa femme, ndlr), on a pu compter sur les doigts de la main d’un manchot nos vrais amis. On a survécu tant bien que mal ». Les démêlés judiciaires ont été nombreux : « J’ai été mis en examen six fois de suite, et à la fin je me suis retrouvé en correctionnelle, et j’ai gagné. Non-lieu. Moralité : si ça a été aussi violent que ça, c’est que j’avais touché un truc auquel il fallait pas ».

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