Célébrités

"Hold-Up" : 5 fausses informations avancées dans le documentaire choc

Dans le documentaire Hold-Up, le retour du chaos, réalisé par Pierre Barnérias, plusieurs contre-vérités ont été avancées par différents intervenants qui se sont avérées fausses. Voici 5 fausses informations évoquées dans le documentaire au sujet de la gestion internationale du Covid-19.

  • Sophie Marceau

Depuis sa sortie le 11 novembre 2020, le documentaire Hold Up, le retour du chaos a semé la discorde entre les scientifiques et les adeptes de théories conspirationnistes. En effet, malgré le soutien de célébrités comme Sophie Marceau sur Instagram ou encore Christophe Willem, le documentaire est loin de faire l’unanimité et ce, pour une seule raison : l’expertise du réalisateur s’appuie sur des informations complètement fausses. Par ailleurs, le choix des intervenants serait totalement abject. Et pour cause, nombreux d’entre eux ont été rejetés des sphères scientifiques pour conspirationnisme voire pire, condamnés pour escroquerie devant la justice. Au cours des deux heures et quarante-trois minutes, Tprod et Tomawak font un constat macabre de la gestion de la pandémie dans les autres pays. Parmi leurs arguments, en voici cinq de totalement faux.

1. Les autopsies des personnes contaminées ont été interdites

Dans le documentaire Hold-Up, Violaine Guérin, endocrinologue et gynécologue, affirme que les autopsies sur les personnes ayant été contaminées du Covid-19 et ont perdu la vie ont été interdites, “selon des restrictions de l’OMS”. Ce qui est totalement faux.

Au contraire, en cas d’autopsie, l’OMS donne des recommandations très claires : “Les procédures de sécurité appliquées aux personnes décédées infectées par le virus de la COVID-19 doivent être compatibles avec celles utilisées pour n’importe quelle autopsie de personne décédée de maladie respiratoire aiguë. Si une personne est morte pendant la période de contagiosité du virus de la COVID-19, les poumons et les autres organes peuvent encore contenir du virus vivant, et des mesures de protection respiratoire supplémentaires seront nécessaires pendant les actes générant des aérosols“, stipule le document officiel.

2. Il existe des camps d’internement Covid-19 au Canada

Selon la voix off, entendue tout le long du documentaire, le Covid-19 “irait jusqu’à faire construire des futurs camps d’internement au Canada”. C’est encore une fois totalement faux.

Le Canada a bel et bien organisé des établissements d’accueil pour personnes positives au Covid-19 mais cela n’a jamais été sous la forme d’un camp d’internement. Il s’agit en réalité d’un dispositif de quarantaine prévu uniquement pour les voyageurs en provenance de l’étranger et dans l’incapacité de s’isoler par leurs propres moyens. André Gagnon, porte-parole de Santé Canada (chargée de la gestion de la pandémie), avait expliqué ceci sur Twitter : “Les sites de quarantaine désignés par le gouvernement fédéral, généralement des chambres d’hôtel, ne sont pas des camps d’internement. Des informations erronées circulent selon lesquelles le Canada utilise des camps de concentration pour la quarantaine du Covid-19. C’est complètement faux.”

3. La tuberculose tue davantage que le Covid-19

Plus d’une heure après le début du documentaire, le narrateur de Hold-Up avance ceci : “En résumé, 8 mois après le début de l’épidémie, ce virus aura fait un peu plus d’un million de morts dans le monde, soit bien moins que la tuberculose, qui n’interpelle personne.” Cette comparaison est en réalité trompeuse, et ce, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, il existe déjà des vaccins et remèdes pharmaceutiques pour soigner la tuberculose alors qu’il n’existe, pour l’instant, aucun vaccin ni traitement capable de guérir une infection au Covid-19. De plus, comme l’explique Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’Ecole des hautes études en santé publique, le bilan de la tuberculose est possible puisque l’épidémie est terminée, ce qui n’est pas le cas du coronavirus : “Faire le bilan d’une épidémie alors qu’elle n’est pas terminée n’a pas de sens.”

En effet, la progression du coronavirus suit en effet celle d’une courbe épidémique, avec une forte hausse de décès pendant la phase dite “exponentielle” : on parle alors de 2e vague. Selon les statistiques et le nombre de personnes admises en réanimation ces quatre dernières semaines, c’est un phénomène qui touche actuellement le monde entier, y compris la France.

4. Le confinement est une mesure inutile et inefficace

Le virus a particulièrement sévi en France du 15 mars au 15 avril, période où nous étions tous confinés, grâce à une mesure historique, censé ne pas faire apparaître cette courbe”, peut-on entendre en voix off du documentaire Hold-Up, accompagnée d’un graphique de l’Insee montrant la mortalité journalière sur les trois dernières années. Cette conclusion est hâtive et totalement fausse.

Le confinement a été promulgué le 17 mars 2020. Au même moment, plusieurs centaines de personnes contractent le virus sans même le savoir puisqu’il leur faudra cinq jours d’incubation pour s’en rendre compte et des symptômes notables environ autour du septième, voire dixième jour.L’installation des symptômes se fait progressivement sur plusieurs jours. La fièvre et les signes respiratoires arrivent secondairement, souvent deux ou trois jours après les premiers symptômes”, explique le Conseil Scientifique.

Si l’on prend en compte ce décalage, il est logique que la mortalité sur les quinze jours suivant la mise en place du confinement ne chute pas immédiatement, puisque les personnes décédées sont susceptibles d’avoir été contaminées avant même cette décision. La preuve, le document projeté par Hold-Up lui-même démontre une baisse conséquente à partir du 31 mars 2020.

5. La Suède a eu moins de morts sans confinement

Selon le documentaire Hold-Up et de nombreux éditorialistes interrogés pendant le confinement, la Suède aurait réussi à sauver davantage de personnes sans confinement national. Pour appuyer leurs propos, le réalisateur évoque les 115 morts par jour en Suède, au plus fort de la crise, contre 1.483 en France. Là encore, cette information est erronée.

Si l’on rapporte le nombre de personnes décédées du Covid-19 au nombre d’habitants en Suède, ils ont en réalité comptabilisé presque autant de morts qu’en France. En effet, le taux de mortalité pour la Suède est de 598,44 décès par million d’habitant contre 640,58 pour la France. Le Portugal, qui avec 10,28 millions d’habitants possède une population comparable à celle de la Suède, comptait 3.181 décès au 12 novembre, pour un taux de mortalité de 309,43 décès par million d’habitants, un taux près de deux fois inférieur à celui de la Suède… et ce, malgré un confinement strict pendant près de deux mois.

Source: Lire L’Article Complet