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Dîners clandestins : pourquoi M6 ne peut pas révéler l’identité du ministre invité

Le 7 avril, sur le plateau de Quotidien, le journaliste Azzedine Ahmed-Chaouch a révélé que M6 avait connaissance de l’identité du membre du gouvernement qui avait participé à un dîner clandestin. Malheureusement, la chaîne serait en manque d’une preuve irréfutable…

Pierre-Jean Chalençon

Jean Castex

Le 2 avril dernier, M6 a révélé, dans un reportage, l’existence de dîners clandestins organisés dans des lieux privés de la capitale. Les images du reportage de M6 avaient été en partie floutées mais nombre d’internautes ont reconnu le Palais Vivienne de Pierre-Jean Chalençon. Depuis, une enquête a été ouverte par le procureur de Paris, Rémy Heitz, pour « mise en danger d’autrui et de travail dissimulé » visant à « vérifier si des soirées ont été organisées en méconnaissance des règles sanitaires et de déterminer quels en ont été les éventuels organisateurs et participants ». Depuis plusieurs jours, le nom de Gabriel Attal est associé à cette affaire. Pierre-Jean Chalençon avait lui-même assuré « croiser » des ministres dans des dîners clandestins. En février, le spécialiste de Napoléon présentait le porte-parole du gouvernement comme son “ami” censé “venir dîner prochainement”. Rapidement, Gabriel Attal a nié connaître Pierre-Jean Chalençon, qui ne l’aurait jamais convié à un dîner clandestins. Marlène Schiappa a soutenu son collègue. « Je veux défendre mon collègue Gabriel Attal parce que je ne veux pas le laisser calomnié, s’est exclamée Marlène Schiappa. Il y a effectivement eu une invitation et Gabriel Attal l’a refusée fermement. »

Mais c’était sans compter sur nos confrères de L’Obs, qui ont relevé que si Gabriel Attal avait connaissance de ces dîners, il aurait dû les dénoncer. Selon l’article 40 du code de procédure pénale, « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ». A Franceinfo, l’entourage du ministre a admis l’existence de cette invitation qui « ne faisait référence ni à une date, ni à un événement en particulier », et qu’elle « avait été immédiatement et évidemment déclinée par le conseiller en question en raison des restrictions liées au contexte sanitaire ».

Un manque de preuve irréfutable

Sur le plateau de Quotidien, le 7 avril, Azzedine Ahmed-Chaouch, journaliste, a révélé que la chaîne M6 qui a dévoilé les premiers éléments liés à cette affaire, aurait connaissance de l’identité du ministre qui se serait rendu à l’un des dîners clandestins de la capitale. Selon le journaliste de l’équipe de Yann Barthès, la personnalité politique en question ne se serait pas rendue chez Pierre-Jean Chalençon mais dans un autre lieu privé. Ce qui empêche désormais la chaîne de révéler son identité est le manque de preuve tangible : « Ils auraient le nom du ministre. Le dîner n’aurait pas eu lieu chez Pierre-Jean Chalençon mais dans un restaurant clandestin de la capitale. Il manquerait la preuve irréfutable, c’est-à-dire une photo, un reçu, ou un procès verbal de la police. Sans ces éléments, il sera difficile de prouver la présence d’un ministre ».

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