Célébrités

Dans leur commerces ambulants, elles vont à la rencontre des clients

Au volant de leur camion aménagé, ces commerçantes sillonnent les petits villages de leur région pour aller au plus près de leur clientèle.

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Si le commerce ambulant existe depuis des années, il avait peu à peu disparu du paysage de nos campagnes. Mais l’arrivée du premier foodtruck, ce concept venu des États-Unis a changé la donne. En 2012, la californienne Kristin Frederick lançait « Le camion qui Fume » à Paris, connaissant un vif succès. Aujourd’hui, l’offre de services nomades n’est plus réservée aux métiers de bouche, mais gagne de nombreux domaines: salons de coiffure, instituts de beauté, fleuristes, librairies ou cafés. Une formule itinérante qui séduit de plus en plus de femmes. « Les camions se conduisent comme des voitures, pas trop volumineux, faciles à garer et à manier », relève Hervé Diers, à la tête d’Hedimag, une entreprise qui aménage des véhicules destinés au commerce mobile depuis plus de trente ans. Davantage de liberté, moins de contraintes horaires, et une clientèle plus variée : des arguments qui poussent ces commerçantes à tenter l’aventure ambulante. La formule nomade permet aussi de réduire l’investissement de départ. « À partir de 50 000 euros, on a un camion tout aménagé, alors qu’il faut compter le triple pour une boutique », remarque Hervé Diers. L’intérêt est aussi de pouvoir tester plusieurs endroits, le temps de trouver sa clientèle. À l’heure où les boutiques baissent leurs rideaux, dans les zones rurales, l’arrivée de ces commerçants itinérants est appréciée des habitants. Et des municipalités qui n’hésitent pas à donner un petit coup de pouce financier à l’installation.

“Un cocon chaleureux où l’on se sent bien”: Tiphaine, 32 ans, fondatrice de l’atelier mobile Les Herbes Folles

« Depuis toute petite, je suis sensible à la protection de l’environnement. Je fabrique mes cosmétiques et cuisine vegan. J’ai alors eu l’idée de créer des ateliers mobiles autour de la cuisine, la cosmétique et les arts plastiques. Itinérante, je multiplie les rencontres, surtout en zone rurale. J’ai investi dans un véhicule au gaz naturel, pour limiter mon impact carbone. Je sillonne les Hauts de France à la demande de collectivités dans le cadre de marchés de Noël durable ou d’opérations de sensibilisation à l’environnement. Des écoles et des entreprises font également appel à moi. J’ai eu à cœur de créer un cocon chaleureux où l’on se sente bien. Ce camion, c’est une sorte d’extension de ma maison! » ; ateliermobileherbesfolles.fr

“Une vraie liberté de mouvement et d’action”: Elsa, 44 ans, fleuriste

« Depuis que j’ai opté pour un commerce roulant, aucune de mes journées ne se ressemble. Ma clientèle change au gré des marchés, ce qui me permet de proposer des bouquets différents tous les jours. Fleuriste sédentaire pendant dix ans, la formule nomade me convient davantage. Ce choix me donne une vraie liberté de mouvement et d’action. En revanche, il faut avoir le sens du commerce et s’adapter aux besoins. Il n’est pas rare que je livre le pain et quelques courses en même temps que les fleurs… Ce que mes concurrents ne font pas, mais ça fait partie du service ! Je fournis également des épiceries de villages en bouquets, plantes et objets de décoration. C’est mon fils qui a déniché cette estafette vintage sur le Bon Coin. Elle me joue parfois des tours en tombant en panne, mais son charme opère: on ne me klaxonne jamais sur la route ! » Elsa, 44 ans, fleuriste; Pivoines et ses copines sur Facebook

“Je prends le temps de travailler à mon rythme”: Violaine, 31 ans, esthéticienne

« Après onze ans comme salariée en salon de beauté, j’ai eu envie de lancer ma propre affaire. Le mode itinérant est le meilleur compromis entre un service à domicile qui nécessite d’installer à chaque fois son matériel, et une boutique où l’on est contraint par les horaires. Avec deux enfants en bas âge, je tenais à pouvoir adapter ma vie de maman avec mon activité professionnelle. Deux jours par semaine, je m’installe devant mon domicile à Lintot (76), et le reste du temps, je me déplace dans quatre petites communes qui n’ont ni institut de beauté ni esthéticienne à domicile. Mes clientes apprécient d’être proches de chez elles et qu’une même personne s’occupe d’elles. Avec ce camion, je prends le temps de travailler à mon rythme. Et une vraie relation s’instaure avec mes clientes. »  Bio’ty Bus sur Facebook

“Je ne voulais pas m’enfermer dans un local”: Julie, 41 ans, toiletteuse pour animaux de compagnie

« Educatrice pendant cinq ans dans la seule crèche de Noirmoutier (85), je ne me voyais pas y poursuivre toute ma carrière. J’ai donc envisagé une reconversion. J’ai toujours été très attachée aux animaux. Chaque été, j’étais assistante vétérinaire. L’idée de retravailler dans ce milieu a germé. En revanche, je souhaitais être indépendante et ne pas m’enfermer dans un local. Après une formation de toiletteur canin, j’ai choisi d’ouvrir mon commerce ambulant. Les nombreuses personnes âgées qui vivent sur l’île ont des difficultés à se déplacer. Chaque semaine, je me rends à proximité du domicile de propriétaires de chats, chiens, lapins et cochons d’Inde pour leur refaire une beauté! Certains maîtres sont ravis d’assister à la toilette, ce qui n’est pas habituel dans un salon classique. Et plus besoin de faire de publicité, mon camion s’en charge à ma place ! » La petite baignoire sur Facebook

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