Célébrités

Camilla Parker-Bowles : la revanche d'une mal-aimée

LA SAGA TUMULTUEUSE DES ÉPOUSES WINDSOR – Cet été, Gala vous propose de retrouver les grandes sagas qui ont illustré le magazine au fil du temps. Maîtresse de l’ombre de Charles pendant trente ans, Camilla Parker-Bowles a fini par éclipser le souvenir de Lady Diana. Non sans mal…

Manoir écossais de Birkhall. Un couple de septuagénaires pose en toute décontraction, leurs chiens Beth et Bluebell sur les genoux. Camilla Parker-Bowles et le prince Charles ont fêté leurs 15 ans de mariage, le 9 avril dernier. Des noces de cristal assombries par l’épidémie de coronavirus qui a touché l’héritier du trône. Pas d’inquiétudes, le couple en a vu d’autres. Jamais loin de celui qu’elle a toujours aimé, Camilla Parker-Bowles veille. Mais plus dans l’ombre, cette fois. En pleine lumière. Alors que le départ du prince Harry et de Meghan Markle a sérieusement bousculé la Couronne, la duchesse de Cornouailles s’impose comme la meilleure alliée du futur roi et se révèle prête à tout pour défendre cette monarchie qui ne lui a pas toujours tendu les bras, loin de là…

« Briseuse de ménage », « peau de vache », « garce »… Avant de piquer sa chevelure de plumes d’aigrette dorées, le 9 avril 2005, jour de son mariage avec le prince Charles à Windsor, elle aura été coiffée de tous les noms d’oiseaux. Oui, Camilla, ex-épouse Parker-Bowles devenue duchesse de Cornouailles, aura tout lu, tout entendu, tout subi : la hargne de la presse tabloïd, savamment entretenue par sa rivale Diana ; les jets de mie de pain, alors qu’elle faisait ses courses… et pire, le mépris de la reine Elizabeth II. En ce jour de printemps 2005, admirée par des centaines de badauds amassés aux abords de la chapelle Saint-George, mais aussi par Sa Majesté qui lui a recommandé le chapelier Philip Treacy, la nouvelle épouse de Charles, droite dans un ensemble en soie bleu pâle du couturier Robinson Valentine, peut se targuer d’avoir fait plier l’opinion et surtout, la Couronne. Malgré les incessantes relances de son héritier, Elizabeth II, chef de l’église anglicane, s’opposait à ces noces de divorcés. A dire vrai, la complicité de Charles et Camilla la révulsait, depuis plus de trente ans.

Un premier échange grivois initié par Camilla

Fin de l’été 1971, sur le terrain de polo de Smith’s Lawn, près de Windsor, deux équipes s’affrontent, entre deux averses. Il y a de la boue et de l’électricité dans l’air. Emmitouflée dans une veste Barbour, une jeune femme blonde se distingue au premier rang des spectateurs. Ce n’est pas un canon de beauté, mais son regard est un appel à la découverte des sens. Camilla Rosemary Shand, vingt-quatre ans, aime les hommes et ne s’en cache pas. Depuis sa naissance, elle est plus à l’aise avec les garçons, les filles et leurs manières l’ennuient. Le prince Charles, bien que transpirant, ne manque pas d’allure sur sa monture. Camilla a envie de s’amuser, et plus particulièrement, de piquer l’orgueil d’Andrew Parker-Bowles, lieutenant de la cavalerie royale qu’elle aime depuis sept ans, mais qui la trompe. Le match fini, elle fonce sur Charles et lui lance : « Mon arrière- grand-mère était la maîtresse de votre arrière-arrière-grand-père Edouard VII. Qu’en pensez-vous ? » Le prince, de seize mois son cadet, est immédiatement séduit : cheveux en bataille et langue bien pendue, Camilla ne ressemble pas à toutes ces oies blanches qu’on lui présente. Entre eux, ce sera d’abord sexuel. Puis, une question d’affinités. Ils partagent le même sens de l’humour et ne se sentent bien qu’à la campagne. Comme Charles, Camilla aime jardiner, chasser le renard, écouter Berlioz.

Charles souhaitait qu’elle soit sa première épouse; Camilla lui en a préféré un autre, apeurée par la vie d’altesse

Elizabeth II préfère fermer les yeux. Vulgaire toquade. Et si Sa Majesté avait raison ? Quand son fils demande « Milla » en mariage, en 1972, celle-ci décline. Trop d’obligations, trop de contraintes. Pire, alors que le prince s’est engagé dans la Royal Navy, elle annonce ses fiançailles avec Andrew Parker-Bowles. Leur mariage brise le cœur de Charles. Mais Camilla sait revenir comme une chatte. Elle le rassure et l’étreint de nouveau, comme aucune autre, à partir de 1980. Il l’implore de divorcer. Une fois encore, elle le déçoit et le trouble, en le poussant dans les bras de la jeune Diana Spencer, fille de l’aristocratie, vierge rosissante et donc bru idéale aux yeux d’Elizabeth II. Le 29 juillet 1981, le prince est un homme marié. Pendant cinq ans, Charles s’efforce de rester fidèle. Puis, retombe dans les bras de sa vieille maîtresse. Diana est au courant, sombre dans la boulimie et la dépression, tente de se suicider. Son couple est devenu un ménage à trois, où tous les coups sont permis. Charles vit de plus en plus à Highgrove, Camilla l’y rejoint et se comporte en maîtresse de maison. Quand Diana y est présente, les amants attendent qu’elle se soit endormie pour batifoler dans les buissons.

A la mort de Diana, Charles lance une longue opération de réhabilitation de sa maîtresse

En 1992, les époux de Galles finissent par se séparer. Leur divorce est prononcé quatre ans plus tard. A la mort de Diana, en 1997, Camilla, divorcée depuis deux ans, est désignée comme la grande coupable. Elle est la femme la plus détestée du Royaume-Uni. Elle s’isole à Ray Mill House, sa gentilhommière du Wiltshire, située à une vingtaine de kilomètres de Highgrove. Elle noie son blues dans des verres de gin-tonic, écrase cigarette sur cigarette. La Couronne est sacrément chahutée. Mais Charles ne désespère pas : il lui présente ses fils et, avec ses conseillers, lance une longue opération de réhabilitation de Camilla auprès de l’opinion publique. « L’autre femme », comme l’appelait Diana, respecte le plan à la lettre. Elle maigrit, change de styliste, arrête de fumer, reste humble, ne commet aucun impair.

Une alliée pour la future génération

Bluffée par son endurance, la reine finit par la convier à son jubilé d’or, en 2002, et, portée par le sentiment populaire, finit par consentir à un mariage. Aujourd’hui mieux considérée, voire saluée pour ses actions caritatives, mais aussi pour sa proximité non feinte avec le peuple, Camilla ne prétend rien effacer. Ne veut rien forcer. Pas même l’obtention d’un titre de reine, quand Charles montera sur le trône. Après avoir conseillé Kate Middleton, elle a pris Meghan Markle sous son aile. Sa main serrant tendrement celle de la nouvelle duchesse de Sussex n’a pas échappé aux autres convives réunis dans les jardins de Buckingham pour les soixante-dix ans de Charles, le 22 mai dernier. Finalement, le premier choix du prince n’était pas le plus mauvais.

Texte de Katia Alibert et Thomas Durand

Cet article a été initialement publié dans Gala Destin de femmes daté du 1er juillet 2018.

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