Affaire Grégory : Marie-Ange Laroche le jour où Jean-Marie Villemin a tué Bernard Laroche

Le 14 août 2020, Marie-Ange Laroche a raconté à BFMTV comme rarement l’assassinat de son compagnon, Bernard Laroche, par Jean-Marie Villemin quelques mois après le meurtre du petit Grégory.

  • Grégory Villemin

Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin âgé de quatre ans, est retrouvé dans la Vologne, pieds et poings liés par une corde. Un bonnet recouvre son visage. Le petit garçon était à quelques kilomètres seulement de sa maison. Quelques heures plus tôt, il jouait devant la maison de ses parents, Christine et Jean-Marie Villemin. Après presque trente ans d’enquête, le coupable reste inconnu. Cette affaire a fait plusieurs victimes. Persuadé qu’il est l’assassin de son fils, Jean-Marie Villemin a en effet tué Bernard Laroche. Nos confrères de BFMTV sont revenus, le 14 août 2020, sur les détails de cette journée funeste où le père de famille a commis l’irréparable.

Si le père de Grégory s’est tourné vers son cousin éloigné, c’est parce que son écriture semble présenter des similitudes avec celle du corbeau dont il était victime depuis plusieurs semaines. Arrêté le 31 octobre 1984 et placé en garde à vue, le couple Laroche est interrogé au sujet de son implication dans l’envoi de ces courriers menaçants et dans le meurtre du petit Grégory. Murielle Bolle, sœur de Marie-Ange Laroche, la femme de Bernard Laroche, assure que ce dernier a fait monter un petit garçon semblable à Grégory dans sa voiture le jour de son enlèvement. A la suite de ce témoignage, Bernard Laroche est placé en détention provisoire. La jeune fille se rétracte après un week-end passé chez sa sœur. Les mois passent et le dossier est toujours maigre. Bernard Laroche est donc relâché en février 1985.

Jean-Marie Villemin en proie à un besoin de vengeance

Si le couple Laroche pense retrouver une vie normale, c’est sans compter sur la détresse dans laquelle se trouve Jean-Marie Villemin. « Un soir, quelqu’un du village m’a téléphoné. Il me dit ‘Marie-Ange, fais gaffe. J’ai vu Villemin près du château d’eau, il avait quelque chose sur le siège arrière avec une couverture dessus, je sais pas si c’était pas un fusil’« , se remémore Marie-Ange Villemin, auprès de nos confrères. Malgré la crainte de son épouse, Bernard Laroche décide de rester chez lui et de continuer sa vie, comme si de rien n’était. « Bernard n’a jamais voulu partir. Il avait pas peur, il ne craignait rien. »

Le 19 mars 1985 est une journée qui commence comme toutes les autres. Bernard Laroche va au travail. Il revient chez lui, conduit par sa femme, pour une pause déjeuner. « Sur le chemin du retour, je lui dis ‘je crois qu’on va avoir un bébé’. Il était tout content, il était heureux quoi. Il a dû se dire ‘une autre vie va commencer’« . Il est 13 heures quand les Laroche se garrent dans l’allée de leur maison. Jean-Marie Villemin est là. « On arrive devant la maison. Bernard était engagé pratiquement dans la porte, mais moi je n’étais pas encore rentrée. J’entends des pas lourds, quelqu’un qui sautait. Je me suis retournée, et c’est là que j’ai vu Villemin avec un fusil.« 

« Je te jure que c’est pas moi »

La panique s’empare alors du couple Laroche. « Bernard lui a dit: ‘Je te jure que c’est pas moi qui ai tué ton gosse. Je te comprends, mais c’est pas moi’. Moi je disais: ‘Jean-Marie, pose ton fusil, on peut discuter’« . Mais Jean-Marie Villemin ne veut rien entendre. Il tire sur Bernard Laroche qui s’effondre devant sa maison. « Sur le coup, je pensais pas qu’il était mort parce que je voyais pas de sang. Sébastien s’est jeté sur son père, et puis c’est à ce moment-là que le sang a commencé à couler, et puis le gosse criait, il hurlait: ‘Maman, j’ai plein de sang ! Enlève-moi ça, enlève-moi ça!’ «  Inquiet pour ses clients, l’avocat des Laroche appelle juste à ce moment-là. « Il appelait pour savoir si tout allait bien. C’est là que je lui ai dit que Villemin lui avait tiré dessus ».

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